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Immigration: les restaurateurs lancent un cri d'alarme

Geneviève Lajoie | Journal de Québec

Frappés de plein fouet par la pénurie de main-d’œuvre, les restaurateurs lancent un cri d’alarme afin que le Québec accueille plus de travailleurs immigrants.   

«Une ombre importante plane sur l’industrie. La pénurie actuelle de travailleurs, qui sévit depuis quelques années déjà, risque de limiter grandement la croissance, voire de mettre en danger le maintien de nos activités», a affirmé mardi Vincent Arsenault, propriétaire du restaurant Tomate Basilic, dans l’est de Montréal, lors de son passage en commission parlementaire sur le plan d’immigration du gouvernement Legault.   

Il n'est plus rare de voir des restaurants fermer leurs portes plusieurs jours par semaine faute de personnel, a-t-il insisté.   

En 2025, au moins 10 000 postes seront à pourvoir dans les restaurants du Québec, a renchéri M. Arsenault. Les employeurs, qui peinent à recruter des cuisiniers, des plongeurs et des serveurs, souhaitent avoir accès à un plus grand bassin de travailleurs étrangers.  

Plus encore, la grille de sélection des immigrants doit être revue pour faciliter l’embauche de personnel peu qualifié, estime l’Association Restauration Québec.  

Plus de burgers, moins de pétoncles poêlés  

Le manque criant de personnel risque d’avoir un impact important sur la qualité de la nourriture servie dans les restaurants du Québec, a ajouté François Meunier, vice-président de l’Association.  

«On va y perdre sur le plan de la gastronomie, a-t-il plaidé lors de son intervention devant le ministre Simon Jolin-Barrette. Si on n’a pas accès à une main-d’œuvre de qualité, compétente, il va y avoir un changement dans l’offre de nourriture faite à la clientèle. Standardisation des recettes, on va acheter la sauce tomate plutôt que de la faire, on va faire des burgers parce que c’est bien moins compliqué que de faire un pétoncle poêlé!»  

Après avoir réduit à 40 000 cette année le nombre d'immigrants accueillis au Québec, le gouvernement de la CAQ propose de hausser graduellement ce seuil jusqu'à 52 000 en 2022.