/finance/homepage

L’AMF enquêtera-t-elle sur le PDG d’Air Canada?

TVA Nouvelles

Le président-directeur général d’Air Canada, Calin Rovinescu, a-t-il commis un délit d’initié en liquidant un important bloc d’actions il y a 10 jours? Plusieurs experts estiment que l’Autorité des marchés financiers (AMF) devrait ouvrir une enquête à ce sujet.

Rappelons les faits : Calin Rovinescu a vendu le 1er août un important bloc d’action d’Air Canada qu’il possédait, une transaction qui lui a rapporté 52 millions de dollars d’un seul coup. «Ce n’est pas une petite transaction, on en conviendra», commente Michel Girard, chroniqueur économique du Journal de Montréal.

 

Et seulement 10 jours après la vente de ces actions, Air Canada a annoncé qu’elle augmentait son offre d’achat de Transat. Selon une entente conclue avec le principal actionnaire de Transat, Letko Brosseau, Air Canada s’est engagée à payer 18 $ par action, une bonification de 38 % par action par rapport à son offre précédente. Il est aussi prévu que Letko Brosseau, qui détient près de 20 % de Transat, appuie la nouvelle offre d’Air Canada.

Une telle entente peut avoir une influence directe sur le cours de l’action d’Air Canada. Et il serait surprenant qu’elle ait été conclue en seulement 10 jours, avance M. Girard.

En entrevue à TVANouvelles, il demande si le PDG bénéficiait d’informations privilégiées avant la vente de ses actions. Si c’est le cas, il serait alors coupable d’un «délit d’initié».

«Je demande donc à l’Autorité des marchés financiers de vérifier si M. Rovinescu ne s’est pas placé en position de risque de délit d’initié en effectuant cette transaction, qui, je répète, lui a rapporté un profit de 52 millions de dollars.»

Il faut rappeler que Calin Rovinescu est l’un des principaux acteurs dans cette importante transaction. Ses premières discussions avec la haute direction de Transat ont été amorcées en octobre dernier.

«C’est une position un peu maladroite», admet Michel Séguin, professeur en gestion de l’éthique à l’Université du Québec à Montréal.

«Lorsque l’organisation est dans ce type de transactions, les dirigeants ont un devoir de réserves relativement aux transactions qu’ils vont faire sur le marché», poursuit l’expert, qui croit lui aussi que l’AMF devrait ouvrir une enquête.

«Qu’elle le fasse ou non, Air Canada aurait tout avantage à demander à l’AMF de faire la lumière sur cette transaction pour enlever le doute par rapport à un éventuel délit d’initié et maintenir la confiance qu’elle a avec ses actionnaires», soutient-il.

Un porte-parole de l’AMF, Sylvain Théberge, a confirmé par courriel à TVA Nouvelles que des vérifications d’usage sont actuellement menées par des équipes de surveillance de l’organisation règlementaire. Aucune enquête formelle n’a cependant encore été ouverte.

Dans la même catégorie