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Le cri du coeur d'un proche aidant

TVA Nouvelles

Un aidant naturel de Lorraine dans les Laurentides crie à l'aide. Il s'occupe de son frère atteint d'Alzheimer depuis quelques années et il n'en peut plus.

Michel Beauchamp, 70 ans, prend soin de son frère André, 81 ans. En plus de la maladie d’Alzheimer, il a d’autres problèmes de santé, dont un pacemaker après avoir fait un arrêt cardiaque, du diabète et il a eu un cancer du côlon.

«Moi mon idée était de partir avec lui tout simplement. Un mercredi, porte débarrée, ils viennent le laver et ils nous trouvent», raconte-t-il.

«Je n’étais plus capable de m’en occuper. Pas assez d’aide dans tout. Que ce soit financier ou dans les produits qu’il faut acheter», ajoute-t-il.

Après cette mauvaise passe, le gouvernement lui a offert une aide pour l’achat de culottes d’incontinence à concurrence de 350$ par mois.

«Ça prend une aide financière parce que de s’en occuper 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, on ne peut pas aller travailler. On n’a pas de salaire. Depuis 2009, tout ce que je fais c’est dépenser, dépenser, dépenser», martèle M. Beauchamp.

Selon lui, garder une personne comme son frère en institution coûte au moins 70 000$ par année. Il estime que ça coûte environ 10 000$ par année de s’occuper de son frère chez lui.

«Ce que je demande c’est pour tous les proches aidants, qu’on soit reconnus et rémunérés. Qu’on ait une partie d’un salaire, qu’ils nous aident financièrement. Que les choses dont on a besoin nous soient fournies, qu’on n’ait pas besoin de se mettre à genou pour les demander», déclare-t-il.

Il demande à la ministre des Proches aidants de venir en aide aux aidants naturels comme lui.

«Pendant la campagne électorale, on s'est engagé, la Coalition avenir Québec à proposer un crédit d'impôt jusqu'à 2500 dollars pour les proches aidants», de dire Marguerite Blais, ministre responsable des Aînés et des Proches aidants.

La ministre promet de faire beaucoup plus. «Il faut offrir des services de répit, il faut offrir plus de soutien à domicile et c'est la raison pour laquelle ce sera une obligation de faire en sorte qu'il y ait un dossier médical pour le proche aidant, justement parce qu'on ne les veut pas au bout du rouleau»

M. Beauchamp est l’un des seuls qui accepte de parler de sa situation. Il affirme que les gens qu’il connait qui sont dans la même situation n’osent pas parler de peur de subir des représailles.