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Legault ouvert à une aide d’urgence pour Groupe Capitales Médias

Marc-André Gagnon | Journal de Québec

Même si la ministre de la Culture, Nathalie Roy, prévient qu’il «n’est pas question de garocher de l’argent» pour «sauver» Groupe Capitales Médias, le premier ministre François Legault se dit ouvert à l’octroi d’une financière d’urgence.

Lisez la lettre ouverte de la critique libérale Isabelle Melançon

«Chose certaine, nous ne voulons pas de solution à la pièce, précipitée. Je vous explique que la solution sera globale, juste et équitable», a commenté la ministre de la Culture et des Communications, après que le chroniqueur politique Bernard Drainville ait ramené le sujet à l’avant-plan, mercredi.

Le printemps dernier, notre Bureau d’enquête avait révélé que Groupe Capitales Médias, qui possède Le Soleil et cinq autres quotidiens en région, risquait d’être à court de liquidités d’ici la fin de l’été.

Le groupe de presse dirigé par Martin Cauchon a d’ailleurs cogné à la porte du gouvernement Legault en réclamant une aide financière d’urgence, sous la menace de mettre la clef sous la porte.

Une aide à court terme?

Confirmant avoir «eu des discussions au cours des derniers jours concernant la situation de Capitales Médias», le premier ministre François Legault s’est montré «ouvert» à l’octroi d’une aide financière à court terme, en attendant le dépôt d’un programme d’aide aux médias plus général, qui pourrait attendre «encore quelques mois».

archives, Journal de Québec

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«Il semble peut-être, effectivement, y avoir une situation qui est plus urgente pour Capitales Médias, a dit M. Legault. [...] Il y a une urgence qui est plus à court terme.»

Le premier ministre tient toutefois à ce que le même coup de pouce qui pourrait être offert à Capitales Médias puisse être accordé éventuellement aux autres médias.

«On sait que le gouvernement, pour protéger la démocratie, pour protéger la diversité de l’information, surtout en région, va devoir contribuer financièrement, a prévenu M. Legault. Donc moi, je m’attends à ce que le gouvernement ait besoin de faire un chèque. Évidemment, on va prendre le temps de le faire comme il faut.»

Roy attaquée par l'opposition

Interpellée à ce sujet, la ministre Roy a donné un son de cloche quelque peu différent en martelant « qu’il n’est pas question de garocher de l’argent de façon catastrophique en urgence pour sauver un média ».

«Nous voulons une solution globale, pérenne, intelligente pour protéger le droit à l’information», a-t-elle déclaré.

À la veille d’une commission parlementaire sur l’avenir des médias, qui doit débuter ses travaux le 26 août prochain, Mme Roy a rappelé qu’un comité interministériel est déjà au travail.

L’opposition libérale ne s’est pas gênée pour accuser la ministre Roy de se «traîner les pieds depuis des mois» dans ce dossier. «Encore aujourd'hui, elle n'a aucune solution à proposer», a déploré la critique libérale Isabelle Melançon.

Le député péquiste Harold Lebel a quant à lui reprocher à la ministre Nathalie Roy de ne «pas avoir l’air de savoir où s’elle va» dans ce dossier.