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Une loi pour encadrer les agences de crédit

Marc-André Gagnon | Journal de Montréal

Deux mois après l’annonce du vol de données personnelles chez Desjardins, le gouvernement Legault promet de légiférer pour forcer les agences d’évaluation de crédit à offrir une protection offerte aux États-Unis, mais pas au Canada.

Lors d’une mêlée de presse en marge de la première réunion du conseil des ministres depuis la pause estivale, le ministre des Finances, Eric Girard s’est dit «pleinement conscient des insatisfactions et des craintes des citoyens» qui ont appris au cours de l’été que leurs données personnelles ont été subtilisées.

Rappelons que 6 millions de Canadiens qui ont une carte de crédit Capitale One ont aussi appris à la fin juillet qu’ils sont victimes d’un vol similaire.

Protection additionnelle

«Après deux mois, nous pouvons maintenant parler de post-mortem ou de leçons, et j’annonce aujourd’hui que j’ai l’intention d’introduire un projet de loi visant à encadrer les agences de crédit et offrir aux Québécois le gel ou verrou de crédit», a annoncé le ministre Girard.

Ce genre de protection est déjà offerte aux États-Unis par des agences comme Equifax et Transunion, mais pas au Canada.

Cet outil permet à ceux qui en font la demande de verrouiller et déverrouiller gratuitement l’accès à leur dossier de crédit.

Il reste à voir si Québec demandera à ce que ce service soit offert gratuitement ou moyennant certains frais.

 

«Une première réponse», dit Legault

Le ministre Girard souhaite principalement que les victimes de vol d’identité puissent en bénéficier, en plus des services d’alerte et de surveillance déjà offerts par les agences.

«Je trouve que c’est une super bonne idée», a réagi le député libéral Carlos Leitao, sur LCN. L’ex-ministre des Finances croit toutefois qu’il faut agir «beaucoup plus rapidement», sans attendre le dépôt d’un projet de loi.

Le premier ministre François Legault souhaite que cette future pièce législative soit adoptée «rapidement».

«C’est une première réponse», a indiqué à son tour le premier ministre. «Il faut vraiment agir tout de suite», a signalé M. Legault.

Lui et son ministre des Finances sont désormais favorables à recevoir, entre autres, Desjardins en commission parlementaire, tel que réclamé par les partis d’opposition.

Aucune hausse des cas de fraude

Malgré tout, le ministre des Finances a rapporté qu’aucune hausse du nombre de fraudes n’a été observée pour l'instant chez Desjardins.

«Bien que nous sommes conscients du nombre de données qui ont été volées, nous ne savons pas à ce stade-ci le nombre de données qui ont été vendues et les spécialistes de l’informatique ne voient pas à ce stade-ci les données qui ont été volées sur le “Dark web”», a dit M. Girard.