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Volatilité des marchés : faut-il s’inquiéter pour ses placements?

TVA Nouvelles

Encore une fois jeudi, les cours boursiers faisaient preuve de volatilité, après une journée où l’indice Dow Jones s’est déprécié de plus de 3 %, entraîné par les craintes d’une récession dans un avenir rapproché.

Pour les investisseurs à la maison, la situation n’est pas catastrophique, tempère le planificateur financier et chroniqueur économique Fabien Major. Au contraire, selon votre profil et vos besoins, elle pourrait même être source de bonnes affaires.

Toujours est-il qu’une récession est probable. Les investisseurs observent de façon pessimiste le cours des obligations d’épargne – qui sont en principe des titres sécuritaires – en raison d’une inversion des taux de rendement. Actuellement, les obligations qui viennent à échéance dans dix ans ont une valeur inférieure à celles dont l’échéance arrive dans deux ans.

«Ça, ce n’est pas normal. Normalement, il y a une prime de risque, parce que si on place notre argent pendant dix ans, on veut avoir un meilleur rendement», note Fabien Major.

Depuis 1954, cette inversion des taux est survenue à 12 reprises. Dans neuf cas, une récession ou un ralentissement de l’économie a suivi.

 

Faut-il craindre une récession?

Si le rendement des obligations d’épargne pointe vers une récession, Fabien Major souligne que, pour l’instant, le portrait global de l’économie demeure positif. Car les taux de chômage demeurent historiquement bas, autant aux États-Unis qu’au Canada, tout comme les taux d’intérêt qui continuent d’être baissés.

«Dans tous les cas, on parle de 15 mois. La récession, donc, c’est loin», souligne-t-il.

«Une récession, ce n’est pas toujours grave. Une récession, c’est deux trimestres de suite où la production industrielle d’un pays, son PIB, est en décroissance. Ça ne veut pas dire qu’il est à zéro, mais il baisse», poursuit l’expert, qui ajoute qu’un «atterrissage en douceur» de l’économie est aussi envisageable.

Selon le planificateur financier, le risque le plus important pour les marchés reste politique. L’incertitude entourant la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, notamment, fait planer l’incertitude sur les marchés.

«L’économie roule rondement, il y a des profits, mais il y a des politiciens qui jouent la carte électoraliste plutôt que celle économique», déplore-t-il.

Quoi faire comme investisseur?

Si vous avez suivi attentivement vos placements au cours des derniers mois, vous avez certainement remarqué une volatilité accrue depuis le début du mois d’août. Pourtant, l’économie américaine roulait à plein régime en juillet et battait même des records. La situation a commencé à se détériorer lorsque le président Donald Trump a relancé la guerre commerciale contre Pékin en annonçant une série de tarifs douaniers supplémentaires pour des produits chinois importés aux États-Unis.

Puis, la perspective d’une récession a envenimé la chute des principaux indices boursiers nord-américains. La situation en Allemagne, où le PIB a reculé au deuxième trimestre, est également une source d’inquiétude en raison du rôle de moteur économique de ce pays au sein de l’Europe.

Pour les investisseurs, rien ne sert d’appuyer sur le bouton panique, affirme Fabien Major. La première étape, comme lors de chaque période de volatilité, est de prendre la pleine mesure des choses et d’évaluer vos besoins ainsi que votre tolérance.

Quelques conseils :

- SI vos capitaux sont placés pour un rendement à long terme, Fabien Major recommande de ne rien toucher.

- Si vous vivez bien avec la volatilité et que vous n’avez pas besoin de ces ressources financières à court terme, il est préférable de ne pas toucher aux placements.

- Si la volatilité vous rend trop nerveux, songez à investir dans des titres moins sujets aux risques de l’investissement indiciel.

- Si vous avez un gestionnaire de portefeuille qui a beaucoup de liquidités, la baisse des grands indices peut alors devenir une opportunité pour s’enrichir davantage.

- Méfiez-vous de certaines tendances qui peuvent paraître comme des valeurs refuges comme les cryptomonnaies, qui sont extrêmement volatiles à l’heure actuelle.

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