/news/politics

Le NPD expulse son député Pierre Nantel

TVA Nouvelles

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a annoncé vendredi qu’il expulsait son député de Longueuil–Saint-Hubert, Pierre Nantel, en raison de son intérêt à se joindre à un autre parti.

Celui qui représente la circonscription de Longueuil–Saint-Hubert depuis 2011 n'avait pas exclu la possibilité de se joindre au Bloc québécois cet hiver.

Selon les informations obtenues par TVA Nouvelles, M. Nantel était cette fois en discussion pour se joindre au Parti vert en vue des prochaines élections.

«Compte tenu des informations confirmées selon lesquelles Pierre Nantel, candidat néo-démocrate de Longueuil–Saint-Hubert, est en pourparlers avec un autre parti pour se présenter sous leur bannière, il a été destitué comme candidat du NPD», a déclaré par communiqué la directrice nationale du parti, Melissa Bruno.

«Le NPD amorcera le processus de nomination d'une nouvelle candidature dans la circonscription de Longueuil-Saint-Hubert afin que les gens de la circonscription puissent élire un·e député·e qui est de leur bord et qui fait passer leurs intérêts en premier.»

Dans une série de messages à saveur environnementale publiés vendredi sur Twitter, Pierre Nantel s'est qualifié d’«orphelin politique».

«Je me demande ce qu’on doit faire, en tant que Québécois... Quand on angoisse pour l’état de la planète? Quand on est souverainiste... mais que l’urgence climatique doit passer avant l’indépendance? Comme tant de Québécois, je suis un orphelin politique», a écrit le député sortant quelques minutes avant l'annonce de son expulsion du parti.

En destituant son candidat, le NPD l’empêche ainsi de se représenter sous la bannière orange cet automne.

«La question climatique prend le dessus»

Pierre Nantel n’a pas caché avoir entretenu des discussions avec le Parti vert, mais aussi avec le Bloc québécois, au cours des dernières semaines et des derniers mois. Le député affirme qu’il n’était pourtant pas question de quitter le NPD, «mais de s’assurer que tout le monde travaille ensemble devant la crise climatique».

«Il faut que les partis arrêtent de s’obstiner avec des arguments électoraux et passent plutôt à l’action», tranche M. Nantel, qui estime que la prochaine élection en sera une référendaire sur la question climatique.

Même s’il place l’environnement au cœur de ses préoccupations politiques et qu’il a eu des pourparlers avec la cheffe Elizabeth May, Pierre Nantel refuse de confirmer ou d’infirmer, pour le moment, s’il se présentera sous la bannière du Parti vert cet automne.

«J’ai parlé avec le Parti vert, mais j’ai parlé d’abord et avant tout d’une approche non partisane. Ce que je suis, c’est le fier député des gens de Longueuil–Saint-Hubert. Je suis un député écologiste et indépendant, actuellement, qui est peut-être à la recherche d’une famille», explique-t-il.

«On a été assez surpris»

C’est le lieutenant du NPD au Québec, Alexandre Boulerice, qui a annoncé à M. Nantel que le parti lui montrait la porte. «Il a fait son travail, il est venu me parler et on en a conclu qu’il n’y avait pas de porte de sortie», indique l’ancien représentant néo-démocrate.

En entrevue à TVA Nouvelles, M. Boulerice a confié avoir été «assez surpris» d’apprendre que son collègue songeait effectivement à troquer l’orange pour le vert. Après avoir tenté en vain d’entrer en communication avec M. Nantel par téléphone, le député de Rosemont–La Petite-Patrie s’est personnellement rendu chez lui pour discuter de la situation.

 

«On est un parti politique sérieux. On ne peut pas avoir un candidat qui est en même temps en train de négocier avec une autre formation politique», tranche M. Boulerice, qui admet ne pas comprendre le raisonnement derrière la démarche de son ex-collègue. Selon lui, la plateforme du NPD en environnement est la plus audacieuse de tous les partis fédéraux, y compris le Parti vert.

«Notre plateforme au NPD est aussi bonne sinon plus complète et plus audacieuse que celle du Parti vert, donc on ne comprend pas trop si c’est ça la vraie motivation», soulève le député.

Chose certaine, il s’agit d’un autre coup pour le NPD qui peine à enthousiasmer les électeurs à l’approche des élections fédérales. Malgré les sondages peu favorables, Alexandre Boulerice conserve une approche optimiste. Il rappelle que les intentions de vote de son parti étaient semblables à celles d'aujourd'hui, au Québec, avant le déferlement de la vague orange en mai 2011.

Dans la même catégorie