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2500 personnes par jour meurent du sida

TVA Nouvelles

Une cérémonie s'est tenue samedi matin dans le parc de l’Espoir à Montréal en hommage aux victimes décédées du sida, dans le cadre de la semaine de la Fierté.

La recherche sur la maladie a porté ses fruits, mais il reste encore beaucoup à faire, selon le Dr Réjean Thomas, qui a participé à l’événement, et qui était de passage en entrevue au Québec Matin.

«Il y a encore 40% des gens qui n’ont pas accès au traitement dans le monde, et il y a certains pays où l’épidémie progresse de façon significative. Il y a d’autres pays en Afrique où on a fait des progrès incroyables, mais dans l’Europe de l’Est, en Russie et en Asie, l’épidémie s’aggrave. »

Le médecin spécialisé dans le traitement du VIH-sida souligne qu’encore aujourd’hui près de 2500 personnes par jour, meurent du sida.

«On ne peut pas dire qu’on ne meurt plus du sida. Et il y a à peu près 800 000 nouvelles infections par jour, dont la majorité est chez les jeunes femmes entre 15 et 24 ans», ajoute l’expert.

Pour Réjean Thomas, il ne faut pas crier victoire face à la maladie, même si des bons résultats sont constatés.

«On commence à voir les succès. Il y a des pays où l’espérance de vie avait baissé à 40 ans, et ça remonte à 50 – 55 ans. C’est incroyable, mais c’est travail de longue haleine. Ce sont des projets qu’il faut développer. Ce n’est pas juste d’avoir accès à la trithérapie, c’est d’avoir accès à des ressources, à des infirmières, et rejoindre ces clientèles-là», détaille-t-il.

«Au Québec et dans les pays riches, le sida ne tue plus tellement. J’ai vécu les années 90 où mes patients mourraient. On faisait surtout des soins palliatifs et de l’accompagnement.»

Aujourd’hui les traitements sont efficaces, et des traitements même préventifs existent.

«Pour la première fois, on a enregistré une baisse de 35% chez les hommes homosexuels à Montréal. C’est du jamais vu une baisse aussi significative», qui s’explique en partie par le traitement préventif, efficace à 95%.

Selon le Dr Thomas, 3000 personnes prennent ce traitement à Montréal.

«La communauté gaie a été très solidaire dans la lutte contre le sida, dans une période qui a été très difficile. Je pense qu’ils continuent de l’être, ils sont solidaires avec l’international. S’il y a traitements qui existent, c’est parce qu’il y a tous ces hommes gais qui ont participé à la recherche en donnant leur sang, tout en sachant qu’ils n’en profiteraient pas», conclut le Dr Thomas.