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Explosion de 38% des décès impliquant des camionneurs

Antoine Lacroix et Valérie Gonthier | Journal de Montréal

L’an dernier, on a dénombré près de 11 000 collisions impliquant un camion lourd ou un tracteur routier, comme ce carambolage mortel sur l’autoroute 40 en août 2016 avec un camion-citerne. Il s’agit d’une hausse 12 % des collisions comparativement à 2013.

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L’an dernier, on a dénombré près de 11 000 collisions impliquant un camion lourd ou un tracteur routier, comme ce carambolage mortel sur l’autoroute 40 en août 2016 avec un camion-citerne. Il s’agit d’une hausse 12 % des collisions comparativement à 2013.

Le nombre de victimes qui ont péri dans des collisions impliquant des poids lourds a fait un bond inquiétant de près de 40 % dans les deux dernières années, selon le plus récent bilan routier de la Société d’assurance automobile du Québec.

Le carambolage funeste de la semaine dernière sur la 440 causé par un tracteur routier a relancé le débat sur la sécurité routière et les véhicules lourds.

Avec raison, semblent démontrer des données de la SAAQ. Le total des victimes est reparti à la hausse après une accalmie en 2016.

Ainsi, de 2016 à 2018, le nombre de vies perdues lors d’une collision avec un camion lourd ou un tracteur routier est passé de 52 à 72. L’année 2018 a été la plus meurtrière de la décennie à cet égard.

Ces chiffres ne suggèrent pas pour autant que les conducteurs de véhicules lourds impliqués sont toujours responsables de ces accidents. Mais en raison de leur taille et de leur poids, un piéton, un cycliste ou un automobiliste peut avoir moins de chance de survie lors d’une collision.

« Lorsqu’un poids lourd est impliqué dans un accident, c’est grave. Un 45 tonnes contre une voiture d’une tonne et demie, ça ne pardonne pas », illustre Éric Labonté, président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec.

Partie de la solution

Ce dernier s’est d’ailleurs dit déçu que les poids lourds ne fassent pas partie des mesures annoncées jeudi par le ministre des Transports, François Bonnardel, pour sécuriser l’autoroute 440.

« On dirait que le ministre nous a oubliés. C’est nous les spécialistes des poids lourds. On devrait faire partie des solutions », a dit celui qui représente 300 contrôleurs routiers au Québec.

Selon lui, une des solutions serait d’augmenter le nombre de contrôles routiers.

« On remarque que juste notre présence change le comportement des conducteurs [de poids lourds] », a indiqué M. Labonté.

L’Association du camionnage du Québec s’est pour sa part dite inquiète du grand nombre de décès impliquant des véhicules lourds, mais nuance que cela pourrait être dû à une forte activité économique.

Plus d’usagers

Le nombre de camions lourds et de tracteurs routiers a bondi de plus de 9 % ces cinq dernières années au Québec.

« Il faut regarder sur un portrait plus grand, avec l’augmentation de la circulation sur le réseau routier. Si l’année prochaine on tombait en récession, on ne roulerait plus sur les routes, le bilan s’améliorerait », souligne le président de l’association, Marc Cadieux, qui pointe aussi les nombreux chantiers qui rendent difficiles les déplacements.

« L’évolution des accidents impliquant un véhicule lourd est en corrélation avec le nombre de ces véhicules qui augmente sur nos routes et aussi en corrélation avec l’ensemble du parc automobile qui ne cesse de grandir », fait aussi remarquer Sophie Roy, relationniste à la SAAQ.

D’ailleurs, l’an dernier, le nombre total des accidents impliquant un camion lourd ou un tracteur routier a atteint près de 11 000 collisions, soit 12 % de plus qu’en 2013.

Accidents mortels impliquant un camion

Après une accalmie en 2016, les décès impliquant un camion lourd ou un tracteur routier ont connu une forte hausse.

• 2013: 64

• 2014: 70

• 2015: 71

• 2016: 52

• 2017: 65

• 2018: 72

Source : SAAQ , Bilan routier 2018

Ce qu’ils ont dit

« L’idéal, c’est qu’il n’y aurait pas de morts. On travaille pour que ça diminue et pour mettre plus de mesures en place parce qu’on est plus présents sur les routes. »

« La solution, c’est un message qui est très simple et qu’on véhicule depuis de nombreuses années : c’est le partage de la route. »

– Marc Cadieux, président de l’Association du camionnage du Québec

« Vérifier davantage les véhicules lourds, ça ne peut qu’aider. Plus de présence sur le terrain signifie plus de vérifications qui pourront peut-être nous permettre de prévenir des drames comme celui de la 440. »

– Éric Labonté, président de la Fraternité des constables du contrôle routier du Québec

« La réalité d’un camionneur est bien différente d’un automobiliste. Le camionneur a des angles morts très larges. Il n’a pas la même capacité de freinage. »

– Annie Gauthier, porte-parole du CAA-Québec

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