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Un sinistré payé par son patron pour rebâtir sa maison

Stéphane Sinclair | Journal de Montréal

Stéphane Sinclair

Un sinistré des inondations du printemps dernier a bénéficié de la générosité de son employeur, qui lui a versé son salaire tout l’été pour qu’il puisse reconstruire sa maison au lieu de travailler.

« C’est incroyable ce qu’ils font pour nous ! On ne l’oubliera jamais. Mais ils sont comme ça. Je ne suis pas le premier à avoir reçu leur aide », lance Stéphane Breton, employé par la compagnie de réfrigération et de ventilation Frimasco depuis 18 ans.

Lorsque la digue a cédé le 27 avril dernier à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, dans les Basses-Laurentides, la famille Breton-Lajoie a dû évacuer les lieux, comme de nombreux autres citoyens.

Leur maison, située près de l’eau tout au bout de la 20e Avenue, a été inondée. Les dégâts s’élèvent à plus de 60 000 $, selon l’homme de 50 ans.

« J’ai vraiment capoté. J’ai dit à mon gars de ramasser l’essentiel et on a quitté », raconte le père de deux enfants âgés de 11 et 14 ans.

Pendant ce temps-là, sa conjointe, Sophie Lajoie, essayait de revenir à la maison, ce qui lui a été impossible.

Tout à refaire

C’est seulement 12 jours plus tard que la famille a pu commencer les travaux de nettoyage.

M. Breton devait tout arracher dans la maison parce qu’il y a eu près de 21 po (0,5 m) d’eau au-dessus du plancher principal. Tout le premier étage est à refaire, incluant le plancher.

« On devait sauver la maison, mais ça prend du temps de faire les travaux », explique le charpentier-menuisier de métier.

Ses patrons lui ont donc permis de faire les travaux en s’absentant de son travail tout l’été tout en continuant à lui verser son salaire normal.

« Nous n’avons pas eu de stress de ce côté. Pour eux, c’était important qu’on retombe sur nos pieds le plus rapidement possible », explique M. Breton, qui espère pouvoir réintégrer sa maison avant la rentrée scolaire de ses enfants le 29 août.

Non seulement son employeur a continué à le payer alors qu’il n’était pas au travail, mais en plus, il le fait à son salaire normal. « On est chanceux dans notre malchance », reconnaît Sophie Lajoie, 50 ans.

Entreprise familiale

« C’est normal ! On ne voulait pas qu’ils habitent dans une roulotte pendant des mois. Ce n’est pas ça qui va nous faire perdre de l’argent. On est une entreprise familiale, je suis avec mon frère François. Nos employés, c’est ce qu’il y a de plus important pour nous », lâche humblement Gilles Robert, le copropriétaire de Frimasco, joint au téléphone.

Ce dernier est d’ailleurs débordé de travail en raison d’un manque de personnel lié à la pénurie de main-d’œuvre.