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La péréquation «est un droit» clame Legault

Marc-André Gagnon | Journal de Québec

Malgré la menace de la tenue d’un référendum en Alberta, François Legault refuse de revoir la formule de péréquation qui permet au Québec de recevoir 13 G$ en transferts des provinces «plus riches».

«On a le droit à cette péréquation», a souligné le premier ministre du Québec, devant les membres de l’aile jeunesse de son parti qui tenaient leur congrès à Sherbrooke ce weekend.

Même si l’entente dans laquelle sont prévus les transferts est en vigueur jusqu’en 2024, la formule est au fondement même du Canada, a fait valoir M. Legault. «La péréquation, c’est dans la Constitution depuis le jour 1 du Canada», a soutenu le chef caquiste. Cette affirmation n’est toutefois pas exacte, puisque l’actuel système de péréquation est apparu en 1957, soit 90 ans après la fondation du Canada.

Au lendemain du rejet par ses jeunes militants d’une résolution qui devait l’enjoindre à se doter d’un plan pour que le Québec cesse de dépendre de la péréquation, François Legault, a dit comprendre leur prudence.

Pas question de «laisser tomber»

Dans son discours, le chef caquiste est revenu longuement sur le sujet, alors qu’encore hier, son homologue conservateur albertain, Jason Kenney, a de nouveau menacé de tenir un référendum sur cette question.

«Il n’est pas question d’envoyer un message que, oui, oui, oui, on pourrait laisser tomber la péréquation», a prévenu M. Legault.

Il a dit avoir constaté sans surprise, lors du dernier Conseil de la fédération à Saskatoon, le mois dernier, que des provinces comme l’Alberta en ont assez de partager leur richesse.

«Mais ils oublient qu’au Québec, on paie beaucoup plus d’impôts et de taxes que dans les autres provinces», croit M. Legault.

Rapport de force

La part du budget du Québec provenant de la péréquation atteignant désormais 11%, le premier ministre du Québec avoue que sa province n’a «pas le gros bout du bâton».

Pour changer le rapport de force, «c’est urgent qu’on réduise notre écart de richesse avec l’Ontario, avec le reste du Canada», a plaidé le chef caquiste.

François Legault estime qu’il faudra au Québec une vingtaine d’années avant d’éliminer l’écart de richesse actuel de 24% avec les autres provinces.

«Entre-temps, le Québec a le droit à cet argent», a-t-il répété à propos des transferts.

Par ailleurs, le premier ministre en a profité pour annoncer qu’il a confié à son ministre délégué à la Santé, Lionel Carmant, le mandat de tenir un forum sur la dépendance aux écrans chez les jeunes, qui mènera au dépôt d’un plan d’action et à des campagnes de sensibilisation.