/news/world

Deux membres d'un groupe d'extrême droite coupables d’agressions

Agence France-Presse

Un jury a jugé lundi coupable d'agressions et d'émeutes deux membres des Proud Boys, un groupe new-yorkais proche de l'extrême droite, pour avoir provoqué une bagarre contre des opposants d'extrême gauche à Manhattan en octobre 2018.

Les deux hommes, Maxwell Hare, 27 ans, et John Kinsman, 39 ans, ont été déclarés coupables de plusieurs chefs d'incitation à l'émeute et de tentatives d'agression.

Leur peine devrait être prononcée le 11 octobre prochain devant le tribunal d'État de New York.

«Alors que l'extrémisme violent monte aux États-Unis, un jury de Manhattan a déclaré d'une seule voix que les New-Yorkais ne toléreront pas de violentes émeutes à leurs portes», s'est félicité le procureur de Manhattan, Cyrus Vance, dans un communiqué.

Ces hommes «ont transformé une rue tranquille et résidentielle en un lieu de bataille, frappant quatre individus dans un acte brutal de violence politique», a-t-il ajouté.

Les évènements datent du 12 octobre 2018.

Alors que des membres des Proud Boys - groupe exclusivement masculin - sortaient d'une réunion du Metropolitan Republican Club à laquelle participait leur fondateur Gavin McInnes, ils se sont retrouvés face à des membres d'un groupe décrit par le procureur comme des «antifa», qui considère les Proud Boys comme des néo-Nazis.

Ils ont provoqué puis violemment frappé les «antifa», selon l'accusation.

Quatre «antifa» impliqués, approchés par la police, avaient néanmoins refusé d'être interrogés, obligeant le procureur à se limiter à des poursuites pour tentatives d'agression, plutôt que pour agressions.

Les avocats de M. Hare et M. Kinsman ont plaidé en vain la légitime défense au procès.

Les Proud Boys, apparus pendant la campagne présidentielle de 2016, ont été mêlés à plusieurs confrontations avec des «antifascistes» aux États-Unis ces derniers mois.

Samedi encore, des membres du groupe participaient à une manifestation à Portland, dans l'Oregon (ouest). La police avait craint des heurts en raison de la présence de contre-manifestants «antifa», mais aucun incident majeur n'a été déploré.

Au total, 10 membres des Proud Boys avaient été poursuivis pour les heurts d'octobre 2018.

Sept ont plaidé coupable à des chefs d'accusation mineurs, et un a écopé d'une peine de prison - 10 mois - qu'il a été autorisé à purger en étant incarcéré le weekend uniquement.

Bien que reniant toute appartenance à «l'alt-right» américaine, les Proud Boys sont considérés comme liés à l'extrême droite et au suprémacisme blanc par le Southern Poverty Law Center, organisation qui surveille les groupes extrémistes aux États-Unis.