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«C'est une triste journée dans le monde des médias»

Agence QMI

La proposition en insolvabilité de Groupe Capitales Médias, qui a forcé l'intervention rapide de Québec pour permettre au groupe journalistique de poursuivre ses opérations grâce à une aide de 5 millions $, a suscité moult réactions lundi. En voici quelques-unes.

Marc Ranger, directeur québécois du Syndicat canadien de la fonction publique:

«On a une réaction un peu catastrophée. C'est beaucoup, beaucoup, toute l'information régionale. Ce sont des quotidiens établis depuis longtemps, Le gouvernement doit intervenir. [...] Ce sont des sources d'informations vitales, il faut que ces médias-là survivent», a affirmé Marc Ranger, en entrevue à TVA Nouvelles.

Patrick White, professeur à l'École des médias de l'UQAM:

«C'est une triste journée dans le monde des médias. C'est quand même dramatique, car les journaux locaux sont au cœur de la vie démocratique. Ces journaux-là sont très importants au Québec», a jugé Patrick White, en entrevue à TVA Nouvelles.

«Le gouvernement aurait dû agir bien avant. Il est quasiment trop tard», a poursuivi l'ex-rédacteur en chef du Huffington Post Québec, qui estime qu'il faudrait «forcer Google et Facebook à payer des impôts [puisque] ce sont eux qui accaparent la moitié des revenus publicitaires au Québec.»

Pascale St-Onge, présidente de la Fédération nationale des communications (FNC-CSN):

«Ce n'est pas pour rien que les États-Unis veulent démanteler les géants du web. Ce sont vraiment des géants, des monstres qui captent une énorme part des revenus publicitaires, qui détruisent tout sur leur passage, et on en voit les résultats. Il y a des centaines d'hebdomadaires qui ont fermé leurs portes [en Amérique du Nord]», a affirmé Mme St-Onge en entrevue à TVA Nouvelles.

«C'est une situation qui est vraiment préoccupante pour la société, pour la démocratie, et je pense que les gouvernements ont un rôle très important à jouer là-dedans», a-t-elle ajouté.

«Actuellement, les règles ne sont pas équitables avec les géants du web. [...] Il va falloir que nos lois, nos règles, fassent en sorte que les géants du web participent à la création d'information», estime aussi la syndicaliste.

Pascal Bérubé, chef par intérim du Parti québécois:

«L'important, c'est qu'il y ait des acquéreurs. Des gens qui ont envie d'opérer des journaux. [...] L'important, c'est qu'il y ait des médias qui opèrent, qui sont présents, en toute indépendance, et qui jouent un rôle important pour notre démocratie, notamment pour questionner les élus», a commenté Pascal Bérubé sur le plateau de TVA Nouvelles.

Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau:

«Je me demande ce que ça veut dire pour "Le Droit". Il n'y a pas une ville qui peut fonctionner... En fait, la démocratie ne peut pas fonctionner si on n'a pas des médias forts. Moi, je suis très inquiet. J'espère qu'il y a des solutions qui vont être trouvées», a déclaré le maire Maxime Pedneaud-Jobin, en conférence de presse.

«Pour une ville comme nous, c'est un outil de développement qui est puissant», a-t-il ajouté.

François Bourque, chroniqueur au «Soleil»:

«Je pense qu’on l’avait un petit peu vu venir. C’était connu qu’il y avait des difficultés de liquidités. Quelle forme ça allait prendre? Bon, on l’ignorait, mais on l’apprend aujourd’hui ; ça prend la forme d’une faillite», a affirmé François Bourque à TVA Nouvelles.

«Il faut trouver un modèle d’affaires qui puisse fonctionner. Une aide ponctuelle du gouvernement, ça va pour aujourd’hui. C’est jamais quelque chose qu’on aime comme journaliste. On aimerait mieux que l’indépendance soit totale et que les apparences d’indépendance y soient aussi. Donc, ce n’est pas la solution que j’aurais préférée, mais je pense qu’à court terme il n’y en a pas d’autres», a poursuivi M. Bourque.

Jean Lamarche, maire de Trois-Rivières:

«On a grandi en allant chercher le journal dans la boite aux lettres le matin. [...] Ce serait une lourde perte pour la région», a déclaré le maire Jean Lamarche à TVA Nouvelles.

Pierre Fitzgibbon, ministre de l'Économie:

«Il était impossible pour nous, au gouvernement, d'envisager la fermeture de ces six journaux. Je n'annonce rien à personne en disant que les médias écrits sont en crise, avec certains groupes plus en crise que d'autres. Le gouvernement est très soucieux de cette situation», a affirmé le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon, en point de presse.

Nathalie Roy, ministre de la Culture:

«L'information provenant de plusieurs sources est un pilier de notre démocratie. [...] Plus les gens sont informés, plus ils prennent des décisions éclairées. Par surcroît, nous avons toujours soutenu que c'est le journalisme qu'il faut protéger, et non un propriétaire de presse en particulier, et c'est exactement ce que nous faisons aujourd'hui», a expliqué la ministre de la Culture, Nathalie Roy, en conférence de presse.

François Legault, premier ministre du Québec:

«[Les journaux de Capitales médias] sont importants pour l'information et la démocratie en région. Le financement intérimaire du gouvernement du Québec permettra de prendre le temps de mettre en place un programme pour l'ensemble des médias et de rechercher de nouveaux propriétaires», a écrit François Legault sur son compte Twitter.

Justin Trudeau, premier ministre du Canada:

«Nous sommes très préoccupés par le sort des médias à travers le pays. On comprend [que les médias ont] un rôle essentiel dans notre démocratie. Une presse libre et forte est essentielle au bon fonctionnement de notre société», a-t-il affirmé en conférence de presse à Québec

Régis Labeaume, maire de Québec:

«Je ne sais pas ce que je peux faire de plus comme maire de Québec, mais il faut que Le Soleil survive. Il faut qu’il soit publié demain, la semaine prochaine, le mois prochain, l’année prochaine et dans la prochaine décennie. [...] Ça ne se peut pas que Le Soleil n’existe plus à partir de demain. Dans ma tête, c’est impossible», a déclaré le maire Régis Labeaume en conférence de presse.

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