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Portrait de la pionnière québécoise du don d’organes

TVA Nouvelles

***Voyez ci-dessus des extraits d’entrevues d’archives avec Valérie Mouton***

C’est le 26 février 2004 que le Québec a rencontré pour la toute première fois Valérie Mouton. La jeune femme atteinte de fibrose kystique avait 25 ans à l’époque et attendait une transplantation de poumons qui devait lui sauver la vie.

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Valérie Mouton a appris qui était son donneur avant de mourir

Hospitalisée à l’Hôtel-Dieu de Montréal, Valérie a survécu pendant des mois avec une capacité respiratoire de seulement 20%. Les donneurs étaient rares, et l’attente, elle, interminable.

capture d'écran | TVA Nouvelles

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Cinq mois plus tard, alors qu’elle était sur le point de mourir, les médecins lui apprennent que des poumons avaient été trouvés pour elle.

La nouvelle provoque la stupéfaction chez ses proches, alors que, privée de forces et d’énergie, Valérie était sur le point d’abandonner.

«Pendant une semaine avant l’opération, elle ne voulait plus que je sorte de la chambre, avait raconté sa maman en entrevue, un an plus tard. On avait l’impression que la mort rôdait autour tout le temps.»

capture d'écran | TVA Nouvelles

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L’opération s’est déroulée le 16 juillet 2004 à l’hôpital Notre-Dame de Montréal, une attente au final qui aura duré 14 mois.

L’intervention d’une durée de sept heures fut couronnée de succès, même si Valérie a subi un arrêt cardiovasculaire qui a paralysé sa jambe droite.

Au moment de recevoir ses nouveaux poumons, elle ne respirait plus qu’à 12%. Sans connaître l’identité du donneur, elle a su qu’il s’agissait d'un jeune homme décédé dans un accident.

Santé chancelante

La santé de Valérie a par la suite été chancelante. Les nombreux médicaments qu’elle a dû prendre lui ont fait perdre l’ouïe, une perte auditive qui a commencé avant l’opération.

Le deuil a été difficile à faire pour celle qui jouait du violon, «un peu de piano et un peu de violoncelle», mais encore plus difficile pour elle, la difficulté de communiquer avec les enfants.

«Les enfants ne savent pas toujours lire, alors je ne peux pas écrire pour communiquer, c’est difficile car j’aime beaucoup les enfants. Avec mes parents, ça va», avait-elle raconté en entrevue avec Harold Gagné en 2005.

La cicatrice de la greffe lui a posé certains soucis. Valérie a en effet dû subir plusieurs opérations afin d’assouplir les cicatrices de la greffe, qui en guérissant, resserraient l’entrée d’air au niveau de bronches.

Évidemment, elle a dû continuer à prendre des dizaines de médicaments chaque jour pour éviter tout rejet, et elle est devenue diabétique.

Malgré toutes les difficultés, elle n’a jamais rien regretté:  la vie était ce qui était le plus précieux pour elle. 

capture d'écran | TVA Nouvelles

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En 2011, elle a eu la chance de recevoir une greffe de rein, un organe pour lequel elle aura attendu 7 mois.

Elle s’est faite plus discrète dans les médias dans les années qui ont suivi, mais elle a toujours milité afin de convaincre la population de signer la carte de don d’organes.

Décès à 40 ans

Elle a rendu l’âme dimanche après-midi au Centre hospitalier de l'Université de Montréal, à l’âge de 40 ans entouré de ses proches et de l'homme qu'elle aimait.

Elle a été admise à l’hôpital la semaine dernière pour une pneumonie. Elle est décédée à la suite du rejet de la greffe de poumons effectuée il y a 15 ans. Elle souffrait de rejet chronique depuis six ans.

En entrevue à TVA Nouvelles, ses parents ont raconté qu’elle n’a pas souffert. «Dès que les soins de fin de vie ont été mis en place, elle est partie en cinq minutes.»

En 2005, Valérie s’était confiée sur ses impressions face à la mort.

«J'ai encore peur de mourir, mais étant donné que j'ai approché la mort de si près... Si ça arrive, ça aura à arriver. J'aurai eu un sursis et j'aurai profité de ce sursis-là!»

Elle avait également raconté que lorsqu’elle mourrait, elle irait remercier l’homme qui lui a donné ses poumons, et qui lui a donné une deuxième vie.

Aujourd’hui, les parents de Valérie souhaitent rencontrer les parents du donneur, une rencontre qui permettra de boucler la boucle.

Avec son aplomb malgré la maladie, sa joie de vivre malgré les difficultés, et son aisance devant les caméras, Valérie Mouton a touché des milliers de personnes avec son histoire.

Elle est devenue par la force des choses le symbole du don d’organes au Québec.

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