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QS demande une enquête de la commissaire à l’éthique

Patrick Bellerose | Journal de Québec

Québec solidaire demande à la commissaire à l’éthique d’enquêter sur le remboursement des frais de voyage d’experts new-yorkais venus appuyer le ministre Roberge en commission parlementaire dans sa volonté d’élargir l’accès à la maternelle 4 ans.

La députée solidaire Christine Labrie a fait parvenir une lettre en ce sens mardi matin, juste avant le début de l’étude détaillée du projet de loi 5, qui prévoit d’offrir l’accès à la maternelle4 ans à l’ensemble des enfants québécois.  

En juin dernier, Le Journal révélait que le ministère de l’Éducation a déboursé 4825 $ de fonds publics pour faire venir Carlyn A. Rahynes et Rafael Alvarez, deux responsables de l’implantation d’un réseau universel de prématernelle à New York. La somme a servi à défrayer le coût des billets d’avion, des chambres d’hôtel et des repas des deux intervenants.  

Déjà, en juin dernier, le président de l’Assemblée nationale avait annoncé qu’il se pencherait sur le dossier, à la demande du Parti québécois.  

Inéquitable

« Nous jugeons la situation très préoccupante, écrit Mme Labrie dans sa missive à la commissaire. En effet, il nous apparait que le geste du ministre crée un précédent en créant des catégories d’intervenants lors des consultations particulières : ceux dont les frais encourus par leur participation sont compensés et ceux qui doivent tout payer de leur poche. Cela ouvre tout d’abord la porte aux apparences de conflits d’intérêts, le ministre semblant avoir limité l’offre de tels dédommagements à des groupes partageant son point de vue. » 

La députée solidaire souligne que les partis d’opposition n’ont pas accès à de telles ressources pour faire venir les intervenants de leur choix. « Un législateur qui est également membre de l’exécutif peut encore moins utiliser les ressources mises à sa disposition dans le cadre de ses fonctions ministérielles de façon à interférer dans les travaux de la branche législative en commission parlementaire, ajoute-t-elle. Or, les gestes du ministre pourraient bien avoir eu cet effet. »  

Visioconférence

Avisé de la demande d’enquête en plein point de presse, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a refusé de voir une erreur dans le fait de rembourser les frais de voyages d’intervenants venus témoigner en sa faveur. « Ce n'était pas possible de faire autrement. Ce n'était pas possible de faire de la visioconférence à l'époque », a-t-il commenté. 

« Maintenant, on a d'autres façons d'entendre les gens », a-t-il ajouté, en référence aux nouvelles salles de l’Assemblée nationale.  

250 nouvelles classes

M. Roberge a profité de son point de presse pour annoncer que 250 nouvelles classes de maternelles 4 ans ouvriront leurs portes cet automne, tel que promis, portant le total à 644. Les classes ne sont toutefois pas à pleine capacité : elles accueillent en moyenne 11 élèves, alors que le maximum permis est 17.  

Toutefois, le ministre Roberge fait valoir que les nouvelles classes de maternelles 4 ans ont été ouvertes uniquement en milieu défavorisé, comme le prévoit la loi actuelle. « Le maximum moyen national, c'est 14. Le maximum permis par la loi dans une classe, c'est 17, mais je ne pourrais pas dépasser 14 », a précisé M. Roberge. Le projet de loi présentement à l’étude vise justement à permettre l’ouverture de nouvelles classes partout sur le territoire québécois.  

De son côté, la critique libérale en matière d’éducation, Marwah Rizqy, a dévoilé un courriel envoyé par le ministère de l’Éducation aux commissions scolaires. On y lit qu’une école peut subdiviser une classe de maternelle 4 ans en deux dès qu’elle atteint 12 élèves, si elle dispose des ressources humaines et du local pour les accueillir.  

Des élèves pourraient donc se retrouver à six dans une classe, souligne Mme Rizqy. « On veut juste avoir un maximum de classes ouvertes », estime-t-elle.

 

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