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«Il faut réinventer la presse écrite»

TVA Nouvelles

Comment va-t-on trouver un nouveau modèle financer pour sauver les journaux et la presse écrite au Québec, qui pour plusieurs, ont du mal à rentabiliser leurs opérations?

Pour Michel Nadeau, expert en finance et gouvernance, l’aide gouvernementale promise au groupe Capitales Médias est une bouteille d’oxygène offerte «à un patient, mais il faudra trouver des solutions à long terme pour sa survie», a-t-il expliqué en entrevue au Québec Matin, mercredi.

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Il est clair pour lui, ainsi que pour plusieurs autres experts, que le modèle de financement des journaux ne fonctionne plus.

«Si on remonte à 20, 30 ou 40 ans, 60% de l’argent qui rentrait dans les journaux, c’était de la publicité! Or, aujourd’hui, les annonceurs préfèrent utiliser les réseaux sociaux, c’est plus efficace et performant. L’autre 40% c’étaient les abonnées, les lecteurs, mais aujourd’hui ils ne veulent plus payer : ils ont beaucoup de choses sur Internet gratuitement, comme La Presse +», souligne-t-il.

Les annonceurs et les lecteurs payants ne sont donc plus au rendez-vous, et il faut donc trouver une solution.

«Il faut trouver un nouveau modèle financier, on va réduire les coûts, éliminer un certain nombre de postes de journalistes. Mais c’est prolonger l’agonie. Augmenter les revenus en mettant des annonces publiques n’est vraiment pas suffisant», détaille-t-il.

Pour Michel Nadeau, l’une des options est de considérer l’information comme un «bien public» au même titre que la santé et l’éducation, et le gouvernement doit donc s’occuper d’une partie du financement.

«Dans le cas de Capitales Médias, ils ont gardé la version papier, ce qui coûte très cher, si vous gardez juste la version numérique, vous sauvez beaucoup dans vos frais», note-t-il.

L’acheteur de Capitales Médias devra avoir les reins solides, mais malgré tout, M. Nadeau ne croit pas aux miracles dans ce cas.

«Il y en a beaucoup en Amérique du Nord, excepté le New York Times, ou le Wall Street Journal, il n’y a pas de gens qui font beaucoup d’argent dans la presse écrite présentement excepté Le Devoir et le Journal de Montréal qui font leurs frais, ce qui est très bien et particulier. Le plus grand quotidien au Canada, le Toronto Star, valait 1 milliard $ il y a 20 ans. Aujourd’hui vous pourriez l’acheter pour 50 millions $. Les journaux se sont effondrés, et il faut les réinventer», conclut l’expert.

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