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Les abus d'alcool augmentent à Québec

Jean-François Racine | Journal de Québec

Draught beer in glasses

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Les citoyens de la Capitale-Nationale sont plus nombreux que la moyenne québécoise à boire de façon excessive selon un récent sondage de l’organisme Éduc’alcool.

Ce troisième coup de sonde depuis 2015 révèle une bonne et une mauvaise surprise pour la région de Québec. Les résidents de la Capitale-Nationale sont parmi les Québécois qui mélangent le moins alcool et cannabis. Toutefois, ils sont plus nombreux que la moyenne à boire de façon excessive – soit cinq verres ou plus en une même occasion – et ils consomment également plus fréquemment. 

Consommation «inquiétante»

«Leur consommation excessive est inquiétante, surtout si l’on considère qu’ils trônaient au sommet du palmarès de la modération en 2015», précise Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool. 

À ce sujet, environ 37 % affirment avoir dépassé les limites recommandées une fois par mois ou plus souvent au cours de la dernière année, contre 34 % dans l’ensemble de la province. Soixante pour cent des sondés avouent avoir consommé de façon excessive au cours des 12 derniers mois, contre 55 % au Québec. 

La situation économique enviable pourrait être une hypothèse pour expliquer que l’alcool coule à flots. Une forte majorité consomme de l’alcool à la maison (82 %), chez des amis (77 %), mais moins au restaurant (68 %). 

Dépasser les limites

«Un pourcentage important considère que si on ne conduit pas, ce n’est pas grave de dépasser les limites. La fin de semaine non plus. Ce que nous disons, c’est de boire différemment. Il est préférable de boire quatre jours par semaine de petites quantités, que de boire beaucoup sur deux jours», ajoute M. Sacy. 

Les habitants de la Capitale-Nationale sont aussi plus nombreux à prendre le volant après avoir pris de l’alcool à l’intérieur de la limite permise (59 %). Ils sont toutefois 8 % à avouer avoir conduit un véhicule après avoir consommé de l’alcool au-delà de la limite légale. Sur ce dernier point, la réalité pourrait être un peu plus élevée. «C’est un minimum», croit M. Sacy. 

Moins d’un an après la légalisation, il s’agit de la première enquête révélant les pourcentages de consommateurs qui fument du cannabis et boivent de l’alcool en même temps. Les prochaines années permettront de mieux comprendre la situation et d’établir une tendance si possible. 

Le sondage a permis de réaliser 6732 entrevues, dont un minimum de 350 répondants par région, un échantillon plus vaste que par le passé.