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Les nouvelles inscriptions à la hausse en enseignement

Daphnée Dion-Viens | Journal de Montréal

Coralie Stea commencera cet automne un baccalauréat en enseignement des mathématiques au secondaire à l’Université Laval. C’est avant tout son intérêt pour les chiffres et les jeunes qui l’a menée à l’enseignement.

Stevens Leblanc

Coralie Stea commencera cet automne un baccalauréat en enseignement des mathématiques au secondaire à l’Université Laval. C’est avant tout son intérêt pour les chiffres et les jeunes qui l’a menée à l’enseignement.

Lueur d’espoir pour le réseau scolaire à la recherche d’enseignants : les nouvelles inscriptions dans les programmes d’enseignement sont en hausse cet automne dans les universités québécoises, après avoir connu un déclin marqué au cours des dernières années.

Selon les chiffres obtenus par Le Journal, les futurs profs seront plus nombreux cette année dans au moins six universités québécoises, comparativement à l’an passé. Il s’agit même d’un sommet depuis cinq ans.

La hausse atteint plus de 20 % dans certains programmes, comme le baccalauréat en éducation au préscolaire et en enseignement au primaire à l’Université Laval, à l’Université de Sherbrooke et à l’Université du Québec à Chicoutimi.

« C’est sûr que c’est une bonne nouvelle. L’an passé on était plutôt dans le rouge avec les mêmes chiffres », lance Serge Striganuk, président de l’ADEREQ, l’association qui regroupe les doyens des facultés des sciences de l’éducation des universités québécoises.

À la Faculté de l’éducation de l’Université de Sherbrooke, où M. Striganuk est doyen, la hausse d’inscriptions pour la maîtrise qualifiante au secondaire atteint même 31 %, précise-t-il.

Nouveaux profs recherchés

Ce regain d’intérêt survient alors que la pénurie d’enseignants représente un réel casse-tête pour certaines commissions scolaires. Au cours des prochaines années, le réseau scolaire sera aussi à la recherche de nouveaux profs pour enseigner au secondaire, en raison de la hausse prévue du nombre d’élèves, et en maternelle 4 ans, que le gouvernement Legault a promis d’offrir à tous d’ici cinq ans.

Plusieurs raisons pourraient avoir poussé plus d’étudiants à choisir l’enseignement, affirme par ailleurs Serge Striganuk. Les perspectives intéressantes d’emploi ont pu peser dans la balance, puisque les problèmes de recrutement dans les écoles ont fait la manchette au cours de la dernière année.

Les futurs profs ont aussi maintenant droit à une compensation financière de près de 4000 $ lors de la réalisation de leur dernier stage à temps plein dans une école.

Québec a par ailleurs promis de hausser prochainement le salaire d’entrée des jeunes enseignants. Un programme national de mentorat devrait être implanté dès cette année afin de mieux accompagner les jeunes profs qui font leur entrée dans une classe.

Discours plus positif

À l’Université Laval, le vice-doyen à la Faculté des sciences de l’éducation Jean-François Cardin affirme que le « discours social plus positif » entourant la profession enseignante depuis quelques années peut aussi faire partie de l’équation.

Pour le plaisir de travailler auprès des jeunes

Pour Coralie Stea, une nouvelle étudiante en enseignement, c’est avant tout son intérêt pour les chiffres et les jeunes qui l’a poussée à vouloir enseigner les mathématiques au secondaire.

Diplômée en sciences de la nature au Cégep de Sainte-Foy, la jeune femme de 19 ans fera son entrée à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval au début du mois de septembre.

Au cours des dernières années, Coralie a travaillé pendant plusieurs étés auprès des jeunes dans des camps de jour, en plus d’avoir fait du tutorat en mathématiques auprès de cégépiens.

Ces expériences l’ont convaincue qu’elle avait sa place en enseignement, elle qui est désireuse de « transmettre quelque chose » aux plus jeunes.

Les perspectives d’emploi intéressantes, dans un contexte de pénurie d’enseignants, ont aussi influencé son choix, mais dans une moindre mesure, explique-t-elle.

« Ça pèse dans la balance, mais c’est loin d’être le premier critère. Le fait qu’il y ait beaucoup d’offres d’emploi, ça m’a poussée un peu à y aller, mais c’est sûr que c’est avant tout un choix personnel. »

« Construire quelque chose »

Même son de cloche de la part de Philippe Noël, lequel a commencé un baccalauréat en éducation préscolaire et en enseignement primaire à l’Université Laval cet hiver.

« Travailler avec des enfants, c’est important pour moi. Tu travailles pour construire quelque chose avec ton groupe, ta classe, pendant toute l’année et c’est valorisant », explique le jeune homme de 22 ans, qui a été moniteur dans des camps de jour pendant plusieurs étés.

Même si les hommes sont rares dans les écoles primaires, il a bon espoir d’être tout à fait à l’aise dans ce milieu.

« J’ai de l’expérience avec les enfants plus jeunes, je sais que je peux être confortable et avoir envie de réaliser des choses avec eux », lance le jeune homme.

Hausse des nouveaux étudiants dans les programmes universitaires en enseignement : quelques exemples

Université de Sherbrooke

  • Automne 2019 : 483
  • Automne 2018 : 411

Université Laval

  • Automne 2019 : 1061
  • Automne 2018 : 1000

Université de Montréal

  • Automne 2019 : 838
  • Automne 2018 : 779

Université du Québec à Rimouski

  • Automne 2019 : 251
  • Automne 2018 : 215

Université du Québec à Chicoutimi

  • Automne 2019 : 146
  • Automne 2018 : 139

Note : Les données pour l’automne 2019 sont des chiffres provisoires puisque la période pour s’inscrire ou se retirer d’un programme n’est pas terminée. Il s’agit des chiffres qui regroupent tous les programmes en enseignement au premier cycle universitaire.

Hausse totale des nouveaux étudiants en enseignement*

  • 2015: 2370
  • 2019: 2409

*Ces chiffres tiennent compte des données recueillies dans sept universités québécoises