/news/law

Acquitté... d'avoir eu une bosse dans son maillot dans une piscine à vagues

Nicolas Saillant | Journal de Québec

stéphane leroy - stock.adobe.com

Un homme interpellé, alors qu’il était en érection dans la piscine à vagues du Village Vacances Valcartier, a été acquitté d’action indécente parce que les témoins n’ont pu confirmer hors de tout doute que l’accusé s’était masturbé.

En août 2016, un homme de 53 ans en congé de maladie se présente seul au Village Vacances Valcartier tandis que sa conjointe est au travail. Une fois sur le site, l’homme se dirige vers la piscine à vagues et nage au milieu des autres baigneurs.

À ce moment, une Franco-ontarienne qui surveille ses enfants aux abords de la piscine remarque l’accusé qui a sa main droite sous l’eau. Il «fait des mouvements de va-et-vient sur son pénis par-dessus son maillot». Elle réalise «qu’il se masturbe».

Alerté par une baigneuse, un sauveteur remarque également le comportement de l’homme seul et appelle son superviseur afin qu’il intervienne. Les deux témoins sont alors non loin l’un de l’autre, à environ 5 mètres de l’accusé.

Le surveillant croit également voir l’homme, seul, toucher son pénis sous l’eau de sa main droite par-dessus ses vêtements sans être «certain à 100%». Il demande donc à l’accusé de sortir de l’eau. «surpris» le surveillant constate que l’individu est en érection et lui donne même une serviette pour se couvrir.

Contact de l’eau

Amené vers un local où la police est appelée, l’accusé est finalement accusé d’action indécente suite à l'enquête, par la Couronne. Au procès, le quinquagénaire a indiqué qu’il s’était avancé «profondément dans l’eau pour cacher une érection provoquée par le contact de l’eau».

Confronté à des versions contradictoires, le juge Steve Magnan devait donc d’abord évaluer la crédibilité de l’accusé. «Le tribunal ne croit pas totalement la version du défendeur», a écrit le juge en indiquant que la vraisemblance des explications le laissait «perplexe» lui faisant perdre ainsi «beaucoup de crédibilité».

À l’inverse, aucun témoin «n’a vu le pénis du défendeur». Le témoignage du surveillant disant qu’il ne peut affirmer avec certitude que l’accusé se masturbait a laissé planer un doute dans l’esprit du juge. «Le doute raisonnable doit bénéficier au défendeur», termine le juge qui a donc acquitté l’homme de 53 ans sans antécédent judiciaire.