/regional/quebec/quebec

Grave pénurie de personnel dans les services de garde

Daphnée Dion-Viens | Journal de Québec

Le manque de personnel est si criant dans les services de garde des écoles de la région de Québec que les commissions scolaires sont à la recherche de 200 éducateurs ou éducatrices pour y travailler, à une semaine de la rentrée.

Dans certaines écoles, on prévoit déjà que des groupes d’élèves devront être pris en charge par une secrétaire, une adjointe administrative ou une éducatrice spécialisée.

Les nouvelles inscriptions au service de garde, faites après la fin juin, peuvent être refusées ou placées sur une liste d’attente.

Au moins trois écoles de la région ont récemment lancé un appel aux parents leur demandant s’il était possible sur une base volontaire de ne pas envoyer leurs enfants au service de garde le midi, en raison du manque de personnel.

À la recherche de solutions

«On demande la collaboration de tous, il va falloir trouver des solutions. La question de la sécurité est primordiale», affirme la porte-parole de la commission scolaire de la Capitale, Marie-Élaine Dion.

À quelques jours de la rentrée, 80 éducateurs manquent toujours à l’appel dans cette commission scolaire, par rapport à une cinquantaine à pareille date l’an passé.

Dans les écoles, les impacts de cette pénurie sont bien réels. À Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier, le quart des emplois d’éducateurs ne sont toujours pas comblés dans l’une de ses écoles primaires, ce qui représente six postes vacants.

«Et là-dessus, il n’y a personne encore qui est allé chez le médecin ou qui a attrapé la grippe», lance Catherine Bégin, directrice de l’école Jacques-Cartier.

Surcharge de travail

Cette dernière redoute les effets de la surcharge de travail sur les autres membres du personnel, qui seront appelés à prendre en charge des élèves dès la rentrée.

L’an passé, il est arrivé «à plusieurs reprises» que les groupes soient plus nombreux que le maximum autorisé, soit 20 élèves par éducateur, par manque de remplaçants, indique Mme Bégin.

Les besoins sont aussi très grands à la commission scolaire des Premières-Seigneuries, notamment dans le secteur de Charlesbourg.

Sa secrétaire, Martine Chouinard, rappelle que la hausse de 1500 élèves supplémentaires au primaire depuis quatre ans «crée une pression» sur les services de garde, ce qui accentue la pénurie.

Les opérations de recrutement se poursuivront de façon intensive au cours des prochains jours, indique-t-on du côté des commissions scolaires.

Les horaires brisés du personnel qui travaille en service de garde le matin, le midi et en fin de journée leur compliquent grandement la tâche.

La commission scolaire des Découvreurs lance un projet pilote

La commission scolaire des Découvreurs, pour qui le recrutement dans les services de garde représente un véritable casse-tête depuis des années, innove en garantissant un nombre minimum d’heures de travail à son personnel afin d’en faciliter le recrutement.

L’automne dernier, le président de la commission scolaire, Alain Fortier, avait tiré la sonnette d’alarme.

La pénurie dans les services de garde était telle qu’un seul éducateur devait parfois s’occuper de 40 élèves.

Au cours des derniers mois, un comité de travail a été mis en place pour trouver des solutions.

Un projet pilote, qui démarre à la rentrée, permettra aux employés des services de garde d’obtenir une garantie d’au moins 20 heures de travail par semaine, si l’employé le désire.

Le personnel sera appelé à faire «d’autres tâches connexes», comme donner un coup de pouce aux enseignants pour organiser différents projets ou participer à des tâches administratives.

«On a vraiment innové cette année», lance Isabelle Larouche, présidente du syndicat des employés de soutien de la commission scolaire.

Auparavant, plus du quart des postes en services de garde comptaient moins de 15 heures de travail hebdomadaire.

Le service de garde est offert le matin, avant le début des classes, le midi et en fin de journée, après les heures de cours.

À bout de souffle

De son côté, le président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), Éric Pronovost, estime que «l’idée n’est pas mauvaise», mais déplore la concurrence qui existe entre commissions scolaires d’une même région.

Il craint que d’autres employés en paient le prix.

«Les gens sont vraiment à bout de souffle», affirme-t-il.

Selon lui, la solution passe par une amélioration globale des conditions de travail, y compris du nombre d’heures travaillées.

«Le Tim Hortons est en compétition avec les services de garde dans les écoles. Ils offrent moins cher, mais plus d’heures», lance M. Pronovost.

Ce dernier réclame depuis des mois une rencontre avec le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, afin de discuter de pistes de solution.

Services de garde

Emplois à pourvoir par commission scolaire

De la Capitale 80

Premières-Seigneuries 67

Des Découvreurs 40

Des Navigateurs 15