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La famille Bettez poursuit la SQ pour 10 M$

Agence QMI

Estimant que la police est à l’origine de la descente aux enfers de l’entreprise familiale, la famille Bettez poursuit la Sûreté du Québec pour plus de 10 millions $.

La famille Bettez estime que la police a tout fait pour convaincre la population que Jonathan Bettez serait un meurtrier et un pédophile. Or, l'homme n'a jamais été accusé dans le dossier de la disparition et de la mort de Cédrika Provencher et a été acquitté dans un dossier de possession de pornographie juvénile.

«André Bettez, Huguette Drouin et Jonathan Bettez reprochent à la Sûreté du Québec d'avoir entraîné la déconfiture de l'entreprise familiale et de leur avoir fait vivre un véritable calvaire», peut-on lire dans le communiqué. La requête, une demande introductive d'instance en dommages, a été déposée jeudi.

Entre autres, il est reproché au corps policier et «aux agents chargés de l'enquête d'avoir mené une «enquête bâclée», en adoptant une vision de type télescopique, procédant à des fouilles, saisies et perquisitions illégales, abusives ou autorisées sur la base d'informations fausses ou trompeuses».

Au total, la famille Bettez réclame 9,4 millions $ à titre de dommages compensatoires et également des dommages-punitifs de l'ordre de 1 million $. Elle est représentée par Jessy Héroux de BTIC avocats.

L'objectif, a fait savoir l’avocat, est de «forcer la Sûreté du Québec à rendre des comptes.

«La famille Bettez n'accordera aucune entrevue à ce stade et ne fera aucune déclaration aux médias, sauf par le biais de leur procureur, souhaitant ainsi préserver le peu de vie privée qui leur reste», a-t-on précisé.

Longue saga

Dès les débuts de l'enquête sur la disparition de Cédrika Provencher, en 2007, les soupçons de la SQ s'étaient rapidement tournés vers Jonathan Bettez, l'homme possédant une Acura rouge, le véhicule qu'aurait utilisé le meurtrier. Plusieurs mesures d'enquête, incluant des scénarios d'infiltration, ont été échafaudées par la SQ au fil des ans pour tenter d'élucider ce crime, sans succès.

Jonathan Bettez n'a jamais accepté de se soumettre au test du détecteur de mensonges dans ce dossier.

Les ossements de Cédrika, qui avait neuf ans au moment de sa disparition, avaient finalement été découverts en décembre 2015.

Par ailleurs, l'homme avait été arrêté en 2016 pour possession de pornographie juvénile. Il avait été acquitté deux ans plus tard, à l'automne 2018, de toutes les accusations qui pesaient contre lui.

Le juge Jacques Lacoursière avait invalidé les mandats de perquisition qui avait mené à son arrestation. Le tribunal avait décrété que les informations obtenues dans le dossier ne pouvaient être considérées comme des éléments de preuve puisqu’elles avaient été obtenues de manière illégitime par les policiers.