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La peine de prison de Bertrand Charest réduite

Michaël Nguyen | Journal de Montréal

L’ancien entraîneur de ski Bertrand Charest a obtenu une réduction de peine de 21 mois pour sa série de crimes sexuels sur de jeunes athlètes, mais il n’aura pas de nouveau procès, vient de trancher la Cour d’appel du Québec.

« Il serait injuste de laisser la peine totale à 12 ans », a tranché le plus haut tribunal de la province, après une longue analyse du dossier du coach déchu.

Il s’agit donc d’une victoire en demi-teinte pour l’agresseur sexuel âgé de 54 ans, lui qui continue de rejeter toute responsabilité pour ses crimes commis dans les années 1990.

À cette époque, il entraînait des athlètes avec les équipes nationales juniors féminines et laurentiennes. C’est en utilisant son statut de coach d’élite qu’il a abusé les adolescentes sous sa responsabilité.

Il a eu des relations sexuelles avec quatre d’entre elles, dont une qui est tombée enceinte. C’est Charest lui-même qui l’avait emmenée se faire avorter. Il maintient toutefois qu’il n’y a pas de preuve laissant croire qu’il est responsable de cette grossesse.

Acquittements

Au terme de son procès, Charest avait été déclaré coupable de 37 accusations sur 57, qui visaient neuf athlètes. Cela lui avait valu 12 ans de pénitencier. Sauf qu’il aurait dû être acquitté de plusieurs d’entre eux, peut-on lire dans la décision d’appel rendue ce jeudi.

Ainsi, Charest n’aurait jamais dû être déclaré coupable d’une agression sexuelle survenue en Nouvelle-Zélande, puisque le Canada n’a pas de compétence territoriale.

D’autres chefs ont été retirées, en vertu d’une règle voulant qu’une personne ne puisse être condamnée à de multiples accusations pour un même événement.

La Couronne avait également concédé durant le processus d’appel qu’il n’y avait pas assez de preuve pour conclure que Charest avait « invité, engagé ou incité les plaignantes à le toucher ».

Pas de nouveau procès

Mais si la Cour d’appel « peut déplorer que le juge n’ait pas tiré de conclusions explicites et particularisées pour chacun des chefs d’accusation [...] », cela ne signifie pas que Charest mérite un nouveau procès.

« On comprend pourquoi le juge déclare l’appelant coupable : il croit les plaignantes qui décrivent des agressions et des contacts sexuels alors que [Charest] était dans une position d’autorité et de confiance », peut-on lire dans la décision de 36 pages.

Le tribunal n’a d’ailleurs pas été tendre avec l’ex-coach.

« Il a abusé de sa position, en toute connaissance de cause, pour avoir des contacts ou des rapports sexuels avec [les victimes], parfois en les incitant à ce faire, toujours dans un contexte où le consentement, lorsqu’il y en avait un, était vicié », indique le panel de trois juges qui a rendu la décision.

Dans les circonstances, la Cour d’appel a quand même réduit la peine de Charest de 21 mois. Sauf qu’en comptabilisant la détention provisoire, il ne lui reste que trois ans à purger.

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