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Pénurie de personnel: la maternelle 4 ans est irréaliste, selon le PQ

Daphné Dion-Viens | Journal de Montréal

archives, Agence QMI

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Le manque criant de personnel dans les services de garde démontre encore une fois à quel point le projet d’offrir la maternelle 4 ans à tous est irréaliste, affirme le Parti québécois, qui craint que la pénurie ne pénalise les tout-petits.   

Dans les commissions scolaires de la région de Québec, 200 emplois sont toujours à pourvoir dans les services de garde scolaires, à une semaine de la rentrée.   

«C’est extrêmement préoccupant», selon Véronique Hivon, porte-parole du Parti québécois en matière d’éducation, qui n’hésite pas à parler d’une «crise».   

Or la situation ne peut qu’empirer au cours des prochaines années, puisque le ministre Roberge prévoit ouvrir 2600 nouvelles classes de maternelle 4 ans d’ici cinq ans.   

«Ce n’est pas faisable, on le voit bien, on n’y arrive déjà pas», lance-t-elle.   

Selon les calculs du Parti québécois, 500 nouveaux éducateurs devront être embauchés dans les services de garde au cours des prochaines années pour y accueillir les enfants de 4 ans.   

Or Mme Hivon se questionne sur les compétences du personnel qui sera recruté dans un contexte de pénurie, en soulignant que les enfants de maternelle passent presque autant de temps au service de garde qu’en présence d’un enseignant, en raison d’un horaire de classe écourté au préscolaire.     

«C’est très important que ces gens-là soient formés, sinon ce sont les enfants qui vont en pâtir, alors que tout le projet est supposé rehausser la qualité éducative pour les enfants de 4 ans», estime Mme Hivon.   

Roberge reconnaît son erreur  

De son côté, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a reconnu en début de journée, jeudi, qu’il n’aurait pas dû utiliser des fonds publics pour rembourser les frais de déplacement de témoins intervenus en faveur du projet de maternelle 4 ans en commission parlementaire.   

«C’était quand même une erreur. Nous aurions dû les faire venir par visioconférence», a-t-il dit, admettant que son équipe n’avait pas fait toutes les vérifications nécessaires.   

– Avec la collaboration de Patrick Bellerose

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