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Une rentrée sous le signe de la laïcité et de la pénurie pour la CSDM

TVA Nouvelles

 - Agence QMI

Alors qu'elle demandait un sursis d'un an avant d'appliquer la loi sur la laïcité, la Commission scolaire de Montréal (CSDM) change son fusil d'épaule et annonce qu'elle l’appliquera dès la rentrée scolaire, qui sera aussi compliquée par une pénurie d'enseignants.

Le conseil des commissaires de la plus grande commission scolaire du Québec devra à cet effet voter la semaine prochaine pour la mise en application de la loi, même si plusieurs commissaires s'y opposaient.

«Les modalités d'application restent complexes et ça, ça va toujours rester», a expliqué Catherine Harel Bourdon, présidente de la CSDM.

Il s’agit d’un revirement de situation remarquable pour la CSDM, qui clamait en juin qu’il lui faudrait au moins un an pour arriver à appliquer ladite loi. Le directeur général de la CSDM craindrait des sanctions ou la tutelle de l'organisation en cas de désobéissance.

«On a rencontré le ministre. Il est au courant. Il a reçu par écrit une série de questions sur les modalités d'application, qui ne seront pas simples pour les organisations comme la nôtre qui doivent appliquer cette nouvelle loi», a précisé Catherine Harel Bourdon.

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, se réjouit de ce virage à 180 degrés.

«Je suis content, mais je ne suis pas surpris. Je savais bien qu'à terme, l'ensemble des commissions scolaires et l'ensemble des organismes allaient respecter la loi», a soutenu le politicien.

Encore la pénurie

À quelques jours de la rentrée, un scénario bien connu risque aussi de se répéter: il manquera d’enseignants titulaires dans les classes, probablement une centaine. La CSDM est incapable de dire la gravité des besoins, puisque tous les affichages de poste n’ont pas encore été comblés.

«Il y avait 100 postes qui étaient toujours libres avant les vacances. Ça a fluctué pendant les dernières semaines de l'été [...] Il y a aussi des gens qui se sont soit désistés à cause d’une offre dans une autre commission scolaire ou parce qu'elles sont en congé de maternité ou pour maladie», a détaillé Catherine Harel Bourdon.

Une lueur d'espoir persiste toutefois puisque les universités du Québec ont enregistré plus d'inscriptions dans leurs programmes d'enseignement cette année.

En attendant, la CSDM recrute à l'étranger. Pour la prochaine année scolaire, elle a embauché 25 professeurs de Belgique et de France.

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