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Des actionnaires d’Air Transat déçus, mais résignés

Philippe Orfali | Journal de Montréal

C’est sans grand enthousiasme que de nombreux petits actionnaires d’Air Transat ont voté pour la vente de l’entreprise québécoise à Air Canada vendredi, comme les incitait à le faire la haute direction.

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«Je me sens comme si je suis en train d’assister à des funérailles, malgré le fait que plusieurs personnes sont très souriantes », a observé le directeur du Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC), Willie Gagnon, au moment de prendre la parole lors de l’assemblée.

Le MÉDAC avait encouragé les actionnaires à voter contre la vente. « Il y a des milliers de raisons de s’opposer. [...] On déplore aussi la disparition d’une société cotée en bourse. Ça aurait été possible de conserver Transat en bourse, même à titre de filiale d’Air Canada », a notamment soutenu M. Gagnon.

D’autres semblaient plus résignés face à la situation. « Air Canada est un prédateur, mais il n’y en a pas d’autres, joueurs prêts à acheter Transat. Ce serait quoi la pérennité de Transat si on rejette l’offre ? On fait quoi avec les employés et les emplois indirects? Je pense qu’on n’a pas le choix. 18 $ ce n’est pas énorme, mais le marché étant ce qu’il est je pense qu’on s’en sort bien», a résumé Mario Bernard, un petit actionnaire pendant une douzaine d’années.

«Un autre fleuron qui s’envole», a lâché, émue, une autre actionnaire en quittant la salle de l’assemblée.

Du côté des investisseurs institutionnels aussi, on sent que c’est un peu à reculons qu’on a voté en faveur de la transaction.

«Bien qu'imparfaite, la transaction pourrait permettre l'inclusion de Transat dans une plus grande entreprise, lui permettant de mieux affronter une compétition mondiale grandissante. Il appartient ainsi à Air Canada de saisir cette occasion pour augmenter les emplois et les retombées économiques pour le Québec», a par exemple fait valoir le Fonds de solidarité FTQ vendredi. Le fonds de travailleur détenait environ 11,6 % des actions ordinaires au moment du vote.

 

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