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Powell promet que la Fed agira pour préserver la croissance américaine

Virginie Montet | Agence France-Presse

Le président de la Banque centrale américaine Jerome Powell a promis vendredi d'agir pour soutenir l'expansion de l'économie des États-Unis, mais prévenu que la Fed n'avait pas de mode d'emploi tout prêt pour faire face aux tensions commerciales, qui se sont nettement exacerbées vendredi.

Si les perspectives économiques américaines restent favorables, M. Powell a décrit dans un discours à Jackson Hole (Wyoming) une aggravation de la situation internationale en partie due «aux incertitudes commerciales».

Au même moment, Pékin a annoncé vendredi son intention d'imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d'importations en provenance des États-Unis d'ici la fin de l'année, s'attirant les foudres du président américain Donald Trump.

Ce dernier a affirmé sur Twitter préparer une réponse et a «ordonné» aux entreprises américaines «de chercher des alternatives» à leur production en Chine en attendant. Il n'a pas précisé comment il comptait imposer cela.

Wall Street a d'abord réduit ses pertes vendredi matin après la prise de parole de Jerome Powell, les investisseurs semblant accueillir ses propos comme la confirmation d'un geste accommodant sur les taux. Mais la tendance s'est inversée après les tweets de Donald Trump sur la guerre commerciale avec la Chine. Le Dow Jones a clôturé sur un recul de 2,57 %, terminant dans le rouge pour la 4e semaine d'affilée.

M. Powell a noté que les tensions commerciales semblaient «jouer un rôle dans le ralentissement mondial et la faiblesse du secteur manufacturier et des investissements des entreprises aux États-Unis».

Mais, dans ce contexte, il a prévenu que la politique monétaire n'avait «pas de mode d'emploi» tout prêt et que la guerre commerciale constituait «un nouveau défi» pour la Fed.

«Nous pouvons toutefois (...) nous concentrer sur la manière dont les questions commerciales affectent les perspectives et ajuster notre politique», a ajouté le numéro un de la Fed lors de cette conférence traditionnelle de la Fed de Kansas City dans la station de montagne du Wyoming.

Les marchés tablent sur l'annonce d'une baisse des taux d'intérêt lors de la prochaine réunion monétaire du 18 septembre, après celle d'un quart de point de pourcentage décidée fin juillet, décrite par M. Powell comme «un ajustement de milieu de cycle».

Le président Donald Trump pour sa part a immédiatement repris ses attaques contre la Fed et Jerome Powell, qu'il a pourtant choisi pour la diriger.

L'hôte de la Maison-Blanche s'est demandé dans un tweet si le patron de la Fed n'était pas «un pire ennemi» que le président chinois Jinping Xi.

Il s'est aussi indigné «d'un dollar fort et d'une Fed faible», estimant que des taux d'intérêt trop hauts (actuellement en dessous de 2,25 %) renforcent indument le billet vert.

Un dollar fort handicape les États-Unis en pleine guerre commerciale.

Sur le front international, M. Powell a dressé l'inventaire des obstacles à la croissance, citant «les nouveaux signes de ralentissement en Allemagne et en Chine», mais aussi «les circonstances géopolitiques» comme «la possibilité grandissante d'un Brexit dur» ou encore les tensions à Hong Kong et la crise politique en Italie.

Il a pris note également de la volatilité des marchés boursiers et de la chute des rendements sur les bons «dans le monde entier».

Le patron de la Fed a aussi témoigné de l'engagement de la Banque centrale à soutenir l'inflation, dont le niveau trop bas «est le vrai problème de l'époque». «L'inflation est restée inférieure à 2 % en moyenne ces 25 dernières années et cette baisse des prix a été le principal souci de la dernière décennie», a-t-il expliqué alors que la Fed juge qu'une cible de 2 % d'inflation est saine pour l'économie.

L'inflation annuelle est tombée à 1,4 % en juin aux États-Unis, selon l'indice PCE, baromètre favori de la Fed.

La plupart des économistes estiment qu'une nouvelle modeste baisse des taux en septembre est désormais acquise.

Pour Ian Shepherdson, économiste en chef chez Pantheon Macroeconomics, la mention que la situation économique internationale s'est davantage détérioriée «semble constituer un indice très fort que la Fed va être plus accommodante en septembre».

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