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Les journaux de Capitales Médias pourraient-ils devenir des coopératives?

Étienne Paré

 - Agence QMI

Quebec

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

Le mouvement coopératif croit que les six quotidiens du Groupe Capitales Médias, qui a déclaré faillite cette semaine, devraient être transformés en coopératives afin d’assurer leur survie.

Le Conseil québécois de la coopération et de la mutualité (CQCM) – qui représente près de 3000 entreprises coopératives dans différents secteurs économiques – croit que le modèle coopératif pourrait très bien être viable pour ces six journaux malgré le contexte de crise dans le secteur des médias.

«Ça assurerait une certaine fidélité des lecteurs, mais surtout une sensibilité au sort de leur journal. En étant membres, ils se sentiraient plus impliqués en achetant le journal», croit Gaston Bédard, président-directeur général du CQCM.

En plus des lecteurs, les fournisseurs, les publicistes et les autres acteurs de la communauté pourraient être partie prenante dans la gestion de leur quotidien régional, plaide M. Bédard.

Le CQCM n’est pas le seul à faire ce pari. La CSN et Métro Média, qui possède entre autres le quotidien montréalais gratuit «Métro», ont aussi déclaré dans les derniers jours qu’ils étaient favorables à la transformation des six journaux de Capitales Médias en coopératives. Gaston Bédard a d’ailleurs confirmé que des discussions étaient présentement en cours entre ces groupes et le CQCM, qui s’est engagé à les épauler dans leur démarche.

«Il y a plusieurs choses qui restent à déterminer. Il faut entre autres déterminer quel genre de modèle coopératif peut le mieux s’appliquer. Eux plaident pour un modèle où la coopérative serait en partie actionnaire, mais où il y aurait quand même des investisseurs privés. Tout est sur la table», a expliqué Gaston Bédard en entrevue à l’Agence QMI.

Parlant d’investisseurs privés potentiels, Gaston Bédard n’a pas exclu qu’un modèle coopératif puisse coexister avec Québecor. Au cours de la dernière semaine, l’entreprise de presse a maintes fois démontré de l’intérêt pour racheter les six journaux en danger, mais Pierre Karl Péladeau a aussi insisté pour dire que sa compagnie était la seule à avoir les reins assez solides pour les sauver, notamment à cause des infrastructures et des ressources qu’elle possède déjà.

«Notre position a le temps d’évoluer comme la sienne», a affirmé Gaston Bédard, qui reconnaît cependant qu’une certaine concentration est nécessaire pour assurer la pérennité des quotidiens.

Il est conscient que les six coopératives devraient maintenir un lien entre elles pour faire face aux grands défis auxquels est confronté le milieu des médias actuellement, comme les faibles redevances pour les publicités sur internet.

«C’est un peu comme Desjardins. C’est chaque caisse ensemble qui permet de faire quelque chose d’important», a-t-il illustré.

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