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Trump fait chuter Wall Street en ravivant la guerre commerciale avec la Chine

Agence France-Presse

Wall Street a fini la semaine par un plongeon dans le rouge vendredi, à l'issue d'une séance dominée par les menaces de Donald Trump d'une réponse musclée aux nouveaux tarifs douaniers imposés par la Chine.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a chuté de 2,37% à 25 628,90 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a dégringolé de 3,00% à 7751,77 points et l'indice élargi S&P 500 a cédé 3,00% à 2847,11 points.

C'est la quatrième semaine de suite de baisse pour les principaux indices de la cotation new-yorkaise.

La Bourse de New York avait entamé la séance en repli, Pékin ayant annoncé avant l'ouverture son intention d'imposer de nouveaux droits de douane sur 75 milliards de dollars d'importations en provenance des États-Unis, en représailles aux taxes douanières supplémentaires que prévoit d'instaurer prochainement Washington.

Mais les indices ont creusé leurs pertes après une série de tweets au ton menaçant de Donald Trump, qui a promis une réponse musclée, évoquant d'«énormes sommes d'argent volées par la Chine aux États-Unis» et martelant sa détermination à y mettre fin.

«Après les mesures de représailles annoncées par Pékin, Donald Trump a ordonné aux entreprises américaines de trouver des alternatives à la Chine, ce qui a affecté de grandes entreprises sensibles aux relations commerciales comme Apple ou Caterpillar», a relevé Lillian Currens de Schaeffer.

L'action de la firme à la pomme, qui fabrique une partie de ses iPhone en Chine et y écoule des millions d'appareils, a perdu 4,6%. Celle du fabricant d'engins de chantier et de construction est tombée de 3,3%.

Les attaques de Trump ont presque éclipsé le discours du patron de la Réserve fédérale américaine (Fed) plus tôt dans la journée.

Jerome Powell a souligné que si les perspectives économiques américaines restaient favorables, les tensions commerciales semblaient en revanche «jouer un rôle dans le ralentissement mondial et la faiblesse du secteur manufacturier et des investissements des entreprises aux États-Unis».

Dans ce contexte, le président de la Fed a cependant prévenu que la politique monétaire n'avait «pas de mode d'emploi» tout prêt.

Les acteurs du marché s'attendent toutefois à une baisse des taux directeurs lors de la prochaine réunion de politique monétaire de la Fed le 18 septembre, après la diminution du 31 juillet.

Sur le marché obligataire, le taux d'intérêt à 2 ans (1,5229%) sur la dette américaine était presque au même niveau que le taux à 10 ans (1,5266%) aux alentours de 16h20 et l'avait même dépassé brièvement durant la séance.

Une inversion de la courbe des taux est généralement considérée par les analystes comme un signe avancé de récession.