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Viaduc effondré sur Henri-IV: «Il aurait pu y avoir des morts»

Dominique Lelièvre | Le journal de Québec

C’est un miracle si l’effondrement d’un viaduc en construction sur le chantier de l’autoroute Henri-IV n’a pas causé de blessures plus graves, selon le représentant syndical de plusieurs travailleurs à l’oeuvre dans le cadre de ces travaux.

Carl Dufour, le président de CSD Construction qui représente quelque 25 000 travailleurs de la construction au Québec, pense qu’une tragédie a été évitée de peu jeudi soir. 

«On est très chanceux. Ça aurait pu être pire que ça. Il aurait pu y avoir des morts. Mais trois blessés, c’est déjà trois de trop», dit-il.

«Juste la pesanteur du béton, l’armature, les poutres d’acier, toute l’infrastructure qui tenait... tout est tombé, énumère-t-il. Les travailleurs auraient pu tomber en dessous de tous ces débris. Ils auraient pu se faire assommer, se faire tuer automatiquement.» 

 

Chute

Selon Alexandra Houde, porte-parole de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), c’est l’écroulement d’une dalle de béton qui a amorcé l’effondrement de la structure en construction, alors que trois travailleurs se trouvaient sur celle-ci. 

Ces derniers sont tombés, mais auraient été en mesure de freiner leur chute en s’agrippant sur des parties de la structure. «Ils ont chuté, mais ils ont été capables de se rattraper, donc c’est pour ça que les travailleurs concernés ont simplement des blessures mineures», dit Mme Houde. 

Ces trois ouvriers travaillent pour Coffrage LD, un sous-traitant sur le chantier à la hauteur de la rue Einstein. L’entreprise travaille en collaboration avec la firme EDC Construction. C’est le ministère des Transports qui est maître d’oeuvre. 

En avant-midi, M. Dufour n’avait pu confirmer que les trois employés sont membres de son syndicat. Cependant, son organisation représente plusieurs travailleurs de Coffrage LD. 

Étonnement

Il se dit «grandement étonné» de ce qui s’est passé en raison du professionnalisme des deux firmes privées en charge des travaux sur le viaduc. 

«Ce sont deux très bonnes compagnies de Québec. Habituellement, elles ont des devis, des règles à suivre très strictes pour des chantiers comme ça. Le chantier, c’est certain qu’il a été évalué par un ingénieur et que toute la procédure a été faite dans les règles de l’art», dit-il, incrédule. 

D’ailleurs, les employés blessés se sont spontanément rendus au point de rassemblement, permettant un décompte rapide des travailleurs, pointe le représentant syndical. Les autorités ont ainsi pu établir que personne n’était coincé sous les débris. 

Même si «chaque travail dans la construction présente des risques», il avoue ne jamais avoir été témoin d’un événement semblable. 

«Un chantier neuf comme ça, de cette envergure, pendant une coulée de béton, je ne me rappelle pas d’avoir vu ça», mentionne-t-il.