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Ford reconsidère sa contestation judiciaire contre la taxe carbone

Agence QMI

Le gouvernement conservateur de Doug Ford, en Ontario, a décidé vendredi de reporter après les élections son choix de porter la contestation judiciaire de la taxe carbone fédérale, laissant entrevoir un possible abandon.

Pour la première fois, le premier ministre ontarien a laissé présager un abandon de cette poursuite, advenant que le candidat conservateur fédéral et opposant de la taxe, Andrew Scheer, ne soit pas porté à la tête du Canada.

Un nouveau mandat du premier ministre libéral Justin Trudeau ou l’arrivée au pouvoir d'un autre parti qui soutient la taxe sur le carbone mettrait l'Ontario dans une position différente, a suggéré Ford vendredi.

«Les gens vont décider avec les élections. Une fois que les gens auront décidé, je crois en la démocratie, a dit le premier ministre, selon des propos rapportés par le «Toronto Star». Nous consulterons le Cabinet et nous avancerons à partir de là, mais je respecte la démocratie.»

Justin Trudeau avait promis une stratégie nationale de tarification du carbone lors de la campagne électorale de 2015, qui est entré en vigueur cette année dans les provinces ne disposant pas d’une tarification du carbone.

Son opposant conservateur, Andrew Scheer, a promis d’abolir cette taxe s’il est porté au pouvoir.

Doug Ford a qualifié la taxe sur le carbone de «taxe terrible» qui rend l'essence plus chère, mais son gouvernement a été critiqué pour avoir réservé 30 millions $ pour financer la contestation judiciaire, en particulier après avoir perdu sa cause devant la Cour d'appel de l'Ontario en juin, visant à annuler la loi fédérale sur le prix du carbone.

«Il est honteux de voir les conservateurs continuer à faire la politique face au changement climatique à notre époque sur le dos des contribuables», a déclaré Sabrina Kim, attachée de presse de la ministre fédérale de l'Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, exhortant Ford à «faire le bon choix» et à abandonner son appel en Cour suprême du Canada.

Les propos de Ford surviennent alors que les conservateurs fédéraux ont exprimé en privé leurs inquiétudes quant aux difficultés rencontrées par son gouvernement sur un certain nombre de questions, notamment l'autisme, le scandale du copinage, l'éducation sexuelle et la taille des classes, ce qui réduirait leurs chances de vaincre Trudeau lors du vote.