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Les métiers de la Nouvelle-France à l’honneur à Montréal

Étienne Paré

 - Agence QMI

Les forgerons, tisseurs d'osiers et couturières de dentelles sont des métiers qui existent toujours et ils sont toujours nécessaires.

Tel était le message que livraient les artisans venus présenter leur gagne-pain lors du marché public du 18e siècle, tenu samedi dans le Vieux-Montréal

Le faste de la Nouvelle-France s'était emparé des lieux afin d'en mettre plein la vue aux 70 000 visiteurs attendus toute la fin de semaine à la Pointe-à-Callière.

François Sorel tentait ainsi de convaincre quelques-uns d’entre eux de la nécessité de préserver son métier de scieur de long.

«On est en train de disparaître. Avant, plusieurs propriétaires de vieilles maisons faisaient appel à nous pour les restaurer. (Pourtant) le sciage en long, ça n'a pas le même cachet que le sciage industriel. Mais aujourd'hui, les gens ne connaissent plus ça», s'est désolé le retraité.

À 73 ans, François Sorel est dans une forme étonnante. Toute sa vie, il a scié du bois avec une scie à la main en tandem avec son partenaire de travail.

«On donne 30 coups à la minute et il faut garder le rythme. C’est sûr que c’est dur, mais c’est très plaisant», a assuré celui qui scie encore dans ses temps libres.

Forgerons recherchés

Métier traditionnel, celui de la forge ne manque pas de débouchés, mais, dans ce cas, la main-d’œuvre manque.

«Il y a de plus en plus de gens qui suivent des cours la fin de semaine, mais pour eux, c’est plutôt un passe-temps. Devenir forgeron de profession, ça prend plusieurs années de formation, mais il n’y en a presque plus», a expliqué Catherine Charron, coordonnatrice des Forges de Montréal, la dernière école au Québec.

Pourtant, forgeron est un métier plus actuel que jamais, a souligné Mme Charron, qui comptait sur le marché public de la fin de semaine pour faire du recrutement.

«C’est très écologique. Les outils et les couteaux que l’on fabrique peuvent durer pendant neuf générations, alors que ceux qu’on achète à la quincaillerie doivent être jetés après quelques années», a-t-elle dit.

Une sensation différente

C’est aussi dans un objectif de réduire son empreinte écologique qu’Éric Dumais s’est mis à sculpter de la vaisselle en bois.

À une centaine de dollars le pot, ses clients n’ont pas l’habitude de lui commander des ensembles. De toute manière, il n’aurait pas le temps de répondre à la demande: chaque pot prend environ trois heures à concevoir.

«Le but des gens, ce n’est pas d’avoir un kit de bois comme on achète un ensemble de plastique au Wal-Mart. Un plat de bois, on en a un, on l’apporte chez la visite, on le lave soi-même. C’est un sentiment très différent quand on le reçoit. Ça ne fait pas de bruit et ça dure beaucoup plus longtemps. Il faut absolument revenir à ça», a prôné celui qui gagne sa vie en «tournant le bois», une technique qui date du Moyen-Âge.

Autour de son kiosque, les touristes s’étaient entassés, impressionnés par instruments de travail anciens et son costume d’époque assumé. Éric Dumais disait espérer quand même avoir fait quelques adeptes.