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Tensions commerciales: les éleveurs de porcs du Québec en crise

Pierre-Olivier Zappa | TVA Nouvelles

 - Agence QMI

La fermeture du marché chinois à la viande en provenance du Canada, depuis deux mois, a privé les producteurs de porcs du Québec de 50 millions $ en revenus, a appris TVA Nouvelles. Les éleveurs lancent maintenant un S.O.S. au gouvernement fédéral.

«C’est désastreux pour nous», se désole en entrevue David Duval, président des éleveurs de porcs du Québec. Plusieurs producteurs ont déjà choisi d’arrêter leur production porcine. Il nous faut un plan!»

Les éleveurs réclament une aide financière d’urgence du gouvernement fédéral afin de traverser la crise. La Chine représente leur deuxième marché d’exportation en volume. «On demande un plan stratégique pour aider l’industrie au complet à faire face à cette période qui est assez négative», confie M. Duval.

Les éleveurs ont fait parvenir, la semaine dernière, une lettre à la ministre fédérale de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau. Celle-ci n’était pas disponible, dimanche, afin de répondre aux questions de TVA Nouvelles. Son cabinet indique qu’elle étudie plusieurs pistes de solutions.

Tensions

Officiellement, Pékin évoque des certificats vétérinaires falsifiés pour justifier son embargo sur les viandes canadiennes. Plusieurs analystes y voient plutôt des représailles à l'arrestation de la haute dirigeante de Huawei, Meng Wenzhou, à Vancouver, en décembre.

«On le voit, c’est une guerre diplomatique qui se joue entre le Canada et la Chine. On subit les contrecoups», s’indigne le président des éleveurs de porcs.

L'industrie porcine emploie 26 500 travailleurs au Québec. Près de 2000 fermes sont en activité. «C’est très déstructurant ce qui arrive à l’industrie québécoise, autant pour les producteurs qu’au niveau des usines, partout au Québec», s’inquiète David Duval. Selon lui, les mesures de rétorsion chinoises mettent ainsi en péril la pérennité de centaines de fermes porcines.

Déjà, plusieurs industries canadiennes, victimes des tensions commerciales, ont bénéficié du soutien d’Ottawa. Le gouvernement fédéral s’est déjà montré prêt à injecter 2 milliards $ pour soutenir les secteurs de l’acier et de l’aluminium, frappés par une surtaxe aux États-Unis.

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