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Un jeune designer et son fiancé agressés dans Charlevoix

Alex Drouin | Journal de Montréal

Un designer de mode montréalais et son fiancé ont été tabassés à la sortie d’un bar de Charlevoix vendredi en raison de leur orientation sexuelle.

«C’est un crime homophobe et je ne comprends pas les gens qui en veulent à des personnes qui aiment des gens du même sexe», déplore Markantoine Lynch-Boisvert, bien connu pour les vêtements MARKANTOINE.

Vendredi soir, l’artiste de 29 ans se trouvait avec son copain, Alex James-Taboureau, au bar Le Jazz, à La Malbaie.

Le couple profitait d’un week-end bien mérité après le lancement de la dernière collection chez Simons le 7 août.

Les deux hommes ont aperçu l’un de leurs amis se faire pousser et insulter par un individu qui était dans l’établissement.

Préférant ne pas intervenir puisque d’autres gens dans le bar ont réussi à calmer l’individu, M. Lynch-Boisvert a finalement quitté l’endroit vers 3 h avec son conjoint.

Ils sont toutefois tombés face à face avec l’agresseur en sortant du débit de boisson.

«Il m’a dit que j’étais un fif. J’ai répliqué en lui demandant quel était son problème. Puis, il m’a pris l’arrière de la tête pour l’amener vers la sienne afin qu’on se les frappe ensemble», résume M. Lynch-Boisvert, originaire de Shawinigan, en Mauricie.

Une altercation s’en est suivie et le couple a voulu s’éloigner.

«Ils sont venus nous rejoindre, alors qu’on marchait dans la rue, et deux d’entre eux m’ont assené plusieurs coups à la tête pendant que le troisième retenait mon chum», relate-t-il.

Fractures et commotion

«Je me suis retrouvé par terre, le visage ensanglanté», dit-il.

Le designer s’est rendu à l’hôpital et y est resté jusqu’à hier après-midi.

«J’ai subi trois fractures au visage en plus d’avoir fait une commotion cérébrale. Mon copain en a aussi fait une», explique-t-il en mentionnant qu’il avait porté plainte à la police hier matin.

M. Lynch-Boisvert a dénoncé ce geste sur sa page Facebook en publiant une photo de son visage tuméfié quelques heures après la sauvage agression.

Il souligne toutefois qu’il s’agit d’un geste isolé et qu’il ne fallait pas boycotter la région.

«Arrête, tu vas le tuer»

«J’entends encore un des gars qui dit “Arrête, tu vas le tuer” à celui qui me bottait le visage librement, Alex qui se débattait pour essayer de m’aider, la peur dans ses yeux», a écrit le diplômé en gestion et design de la mode à l’UQAM dans sa publication partagée plus de 2600 fois.

Plusieurs personnalités ont d’ailleurs dénoncé le geste sur internet.

«Je ne peux pas croire à la haine, à la connerie, à la méchanceté, a écrit sur Facebook l’actrice et amie de M. Lynch-Boisvert, Catherine Brunet. Le travail doit continuer. On doit prendre les armes. Les armes d’amour, d’éducation, d’ouverture.»

Crime haineux

Le vice-président de Fierté Montréal, Jean-Sébastien Boudreault, n’hésite pas à qualifier ce geste de crime haineux.

«Ce ne sont pas seulement des voies de fait, mais un crime haineux, car il y a de la haine derrière ça», se désole-t-il.

«Je ne peux pas croire que nous sommes en 2019, au Québec par surcroît, et qu’une personne se fasse tabasser à cause de son orientation sexuelle», s’étonne-t-il

La semaine dernière, alors que le traditionnel défilé se préparait à Montréal, M. Boudreault dénonçait d’ailleurs une recrudescence des commentaires homophobes sur leurs plateformes web.