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Le maire Gilles Lehouillier réconforté par le sondage sur le troisième lien

Jean-Luc Lavallée | Journal de Québec

Ardent défenseur du troisième lien, le maire de Lévis se réjouit des résultats d’un sondage Léger-Le Journal-LCN qui confirment une fois de plus, selon lui, la popularité du projet de tunnel sous-fluvial.

Loin d’être ébranlé par les résultats du coup de sonde, qui révélait en fin de semaine que 55 % des gens de Québec préfèreraient qu’on investisse les milliards du futur troisième lien dans la réfection des routes actuelles, Gilles Lehouillier a d’abord relativisé l’importance de ce chiffre en entrevue, déplorant qu’on oblige les répondants à faire ce choix qui n’existe pas à ses yeux.

«Ça fait plusieurs mois qu’on nous parle de l’état des routes et à un moment donné, on fait un sondage pour demander aux gens s’ils veulent de plus belles routes avant un troisième lien.... Si on avait fait le même sondage avec le tramway, on aurait eu le même résultat. En partant, c’est un peu biaisé de faire ce type de comparatif là», a-t-il pesté au bout du fil.

«Moi, si ma rue est pleine de trous puis qu’on me demande ce qui est plus important pour moi, je vais avoir tendance à répondre que je veux qu’on bouche les trous en premier», a-t-il ajouté, disant n’être aucunement surpris par ailleurs que 85 % des répondants, à l’échelle de la province, priorisent la réfection du réseau routier.

«Le citoyen de Montréal, lui, il s’en fout du tunnel Québec-Lévis si ses routes sont maganées. Si je reste à Montréal ou à Longueuil, c’est sûr que je vais dire qu’il faut commencer par réparer nos rues. Je trouve ça normal que les gens répondent ça. Ça va de soi...»

Une «bonne nouvelle»

Le maire préfère mettre l’emphase sur une autre portion du sondage qui révélait un appui régional de 77 % au tunnel Québec-Lévis, avant que le projet ne soit mis en opposition dans le questionnaire avec le réseau routier en décrépitude ou que la question des coûts soit abordée, laquelle fait baisser l’appui à 64 %. M. Lehouillier rappelle qu’un autre sondage réalisé par Léger pour le compte de la Ville de Lévis, en 2018, faisait état d’un appui de 78 % au 3e lien (76 % à Québec, 90 % à Lévis).

«La bonne nouvelle, dans ce sondage-là, c’est que l’appui des gens de la grande région de Québec ne se dément pas pour le troisième lien. Moi, c’est ce que je retiens. Malgré tout ce qu’en disent les détracteurs du projet, l’appui ne s’effrite pas. Et on a beau dire ce qu’on voudra, le troisième lien, il va se réaliser, c’est l’intention ferme du gouvernement qui a eu le courage d’en prendre l’engagement lors de la campagne électorale», a-t-il lâché, décochant une flèche au passage au maire de la capitale qui a dévoilé son projet de tramway après les élections de 2017.

M. Lehouillier affirme par ailleurs qu’il est prématuré de sonder la population sur les coûts «hypothétiques» du projet, bien que le seul chiffre crédible avancé sur la place publique, jusqu’à présent, soit de 4 milliards $ à la suite d’une étude de faisabilité réalisée en 2016.

«Les explosions de coûts peuvent se produire pour n’importe quel projet. On fait quoi si le tramway coûte 5 milliards $ au lieu de 3? Moi, je pense que de poser la question sur les coûts, c’est de devancer les étapes. (Quand on le saura), ça sera pertinent de ramener cette question-là dans l’actualité. On verra au moment opportun.»