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Un morceau de verre dans son œuf McMuffin

Gracieuseté

Un Montréalais qui a eu toute une surprise en croquant un morceau de verre dans son sandwich déjeuner chez McDonald’s sera dédommagé après qu’un juge a forcé la chaîne à lui verser 1770 $.

« Une personne, même celle sans grand discernement, ne peut pas s’attendre à la présence d’un morceau de verre [ou tout autre corps étranger] dans un mets préemballé préparé par un commerce de restauration », a estimé le juge Enrico Forlini, de la Division des petites créances, dans un récent jugement.

Rachid Btiti ne s’attendait pas à trouver un fragment de verre lorsqu’il a commandé son sandwich œuf McMuffin, le 3 avril 2015, dans une succursale de Côte-des-Neiges.

« En prenant une bouchée du sandwich, il croque dans un morceau dur. Il inspecte le morceau et constate qu’il s’agit d’un morceau de verre d’environ 1 centimètre de long », relate la décision.

La même journée, M. Btiti décide de consulter un dentiste, qui lui prescrit des antidouleurs, tant l’inconfort persiste, même si la pièce de verre n’a pas causé de blessure.

« M. Btiti a néanmoins ressenti une douleur à la dent sur une période de plusieurs mois, à la suite de la consommation du sandwich, et il a pris des antidouleurs quotidiennement pendant cette période. Aujourd’hui, quatre ans après l’incident, il ressent toujours un peu de douleur et la dent bouge un peu », souligne le juge Forlini.

Impossible, dit McDonald’s

De son côté, McDonald’s soutenait « qu’il est impossible qu’un morceau de verre puisse s’être retrouvé dans le sandwich déjeuner, compte tenu des méthodes de fabrication et de cuisson de ce produit », et que « la version de M. Btiti n’est pas crédible ».

Or, le juge a estimé que la chaîne de restauration rapide a été « incapable de fournir une preuve directe de l’absence de verre ».

« Restaurant McDonald’s avait l’obligation de faire la preuve des conditions de fabrication de tous les ingrédients des sandwichs déjeuner », ajoute-t-il.

En analysant la jurisprudence, le magistrat a conclu « qu’il est juste et raisonnable » d’accorder des dommages moraux de 1750 $ au plaignant. Il a ajouté 20,20 $ pour les frais encourus chez le dentiste, pour un total de 1770,20 $.