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La Presse réclame une aide financière pour les cinq prochaines années

Alexandre Robillard | Journal de Montréal

Sans programme d’aide financière, la pérennité de La Presse est menacée, ont affirmé ses dirigeants mercredi.

Le président du quotidien montréalais, Pierre Elliott Levasseur, a expliqué que cet appui serait nécessaire pour les cinq prochaines années. 

S’adressant aux députés qui se penchent sur l’avenir des médias d’information, M. Levasseur a expliqué qu’un «programme structurant» permettrait à l’entreprise de compléter sa transformation en cours. 

«On n’est pas sur le bord de la faillite mais s’il n’y a pas une aide rapide et structurante on menace la pérennité de La Presse», a-t-il dit devant la commission parlementaire. 

L’objectif est qu’un programme qui serait mis en place permette au quotidien le maintien du niveau d’effectif actuel dans sa salle de rédaction. 

Coûts

Accompagné de Guy Crevier, qui a dirigé le virage numérique de La Presse, M. Levasseur a exposé les efforts effectués par le quotidien pour réduire ses coûts. 

Le président a souligné que ces décisions ont fait moins de bruit car elles n’ont pas causé de conflit de travail. 

Selon M. Levasseur, l’entreprise a réduit ses «coûts opérationnels» de 31 millions $, depuis deux ans. Au cours des dix dernières années, le nombre d’employés de La Presse est passé de 900 à 436, a-t-il ajouté. 

M. Crevier a déclaré que le virage numérique du quotidien, qui a abandonné la publication papier pour se consacrer à des applications sur tablette et téléphone portable, est un succès. 

M. Levasseur a déclaré que La Presse+, sur tablette, rejoint 60 pour cet des adultes au Québec. 

«La crise n’est pas reliée à une problème de coût ou de lectorat mais de revenus», a-t-il souligné. 

Gratuité

Longtemps propriété de Power Corporation, La Presse a été convertie l’an dernier en organisme à but non lucratif qui sollicite des dons. L’objectif du quotidien est d’amasser 50 millions $ en cinq ans. 

M. Levasseur a affirmé que 2,6 millions $ ont été reçus depuis le début de cette année. 

«La situation financière se porte mieux», a-t-il dit. 

M. Crevier a défendu le modèle de gratuité de son quotidien, en plaidant qu’il permet ainsi de contrer les fausses nouvelles qui pullulent sur Internet. 

«Si l’information est un bien public, elle devrait être accessible gratuitement», a-t-il dit.

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