/news/politics

Québec revoit complètement Accès UniQc

Nicolas Lachance | Bureau d'enquête

Christian Dube

Simon Clark/Agence QMI

Le gouvernement Legault a décidé de faire table rase dans le dossier informatique Accès UniQc, admettant que l’argent des Québécois a été mal investi dans ce projet par le passé. Il retire même le dossier d’affaires des mains du ministère du Travail qui y travaillait depuis deux ans.

L’argent «a été très mal investi par l’ancien gouvernement», a affirmé Christian Dubé, le président du Conseil du Trésor. «Pour la suite, on va voir comment on va faire les choses, mais la bonne décision était de suspendre le projet qui était complètement hors contrôle. M. Caire est en train de trouver la solution.»

L’objectif du projet est de créer une solution moderne d’authentification du citoyen pour qu’il accède à l’ensemble des services en ligne du gouvernement.

Notre Bureau d’enquête dévoilait mercredi matin que le projet informatique Accès UniQc est en totale déroute depuis deux ans en raison d'une évaluation des coûts défaillante, de chicanes, de retards, d'improvisation et des risques pour la vie privée. Des évaluations internes obtenues par notre bureau laissent miroiter un projet de plus de 300 M$, qui était pourtant évalué à 86 M$ à la fin 2017.

Les sommes n’ont jamais été portées à la connaissance du gouvernement, admet le ministre délégué à la transformation numérique, Éric Caire.

«Les chiffres qu’on nous relatait n’étaient pas de cet ordre-là», a mentionné le ministre délégué en mêlée de presse.

Nouveau meneur

Pour l’instant, la solution a été de retirer le dossier d’affaire au ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) et le rapatrier au nouveau Centre québécois d’excellence numérique (CQEN) qui a récemment été créé par le ministre délégué.

«C’est à eux qu’on a demandé de revoir le projet et j’ai totalement confiance en l’équipe», a-t-il dit, assurant que le gouvernement «a évité un fiasco».

Il ajoute que les retards devraient être limités, car le dossier d’affaires sera déposé avant la fin de l’année et le projet réalisé en 2020. Il assure aussi que le coût d’accès UniQc sera beaucoup moins élevé que ceux prévus par le MTESS.

Fini le bordel?

En mêlée de presse, Éric Caire a même garanti aux Québécois la fin du bordel informatique.

«Oui, on peut leur garantir», a promis le ministre.

Selon le critique de l’opposition officielle, Gaétan Barrette, Éric Caire, improvise. «On se retrouve avec des montants astronomiques (...) s'il y a du bordel informatique aujourd'hui, il est sous la responsabilité du gouvernement actuel.»

Il ajoute que le projet de loi 14 qui doit permettre à Accès UniQc de voir le jour est «incomplet».

Même son de cloche de la part du Parti québécois. «La chicane est poignée et le shérif n'est pas capable de savoir quel sera son plan pour la suite (...) Présentement, la certitude qu'on a, c'est que c'est le bordel», a plaidé le député Martin Ouellet.

Par ailleurs, les travaux du comité sur protection des renseignements personnels, de la vie privée du projet Accès UniQc ont été reportés. Par conséquent, les sommes de 250$/heure inscrits aux contrats des experts n’ont pas été payées pour le moment.

Avec la collaboration de Geneviève Lajoie

Dans la même catégorie