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Crise des médias: Radio-Canada veut «faire partie des solutions»

Marc-André Gagnon | Journal de Québec

Devant la crise actuelle dont souffrent la plupart des médias québécois, Radio-Canada souhaite «faire partie des solutions», sans toutefois renoncer à la part de l’assiette publicitaire dont profite le diffuseur public.

Devant les membres de la commission parlementaire sur l’avenir des médias, le vice-président principal des Services français de CBC/Radio-Canada, Michel Bissonnette, s’est engagé à «faire partie des solutions».

Concrètement, cela pourrait se traduire par la réalisation d’un reportage d’enquête, qui serait fait avec Le Nouvelliste de Trois-Rivières, a précisé à titre d’exemple M. Bissonnette, en réponse aux questions des journalistes.

Collaboration

Une autre façon pour le diffuseur public de collaborer avec les médias régionaux serait d’offrir une partie de son inventaire publicitaire invendu «pour permettre la promotion des abonnements à un journal», a aussi mentionné M. Bissonnette.

Ce dernier a également ouvert la porte au «partage de certains contenus» entre Radio-Canada et d’autres médias québécois.

Un seul bémol: «on ne veut pas faire ça pour venir affecter la durabilité de La Presse canadienne», a-t-il assuré.

De façon plus générale, l’aide offerte par Radio-Canada permettrait de favoriser la diversité des voix, des points de vue et de la propriété, a expliqué M. Bissonnette, devant les députés.

«Aujourd’hui, cette diversité est menacée», a-t-il déclaré, d’avis qu’il est de la responsabilité des élus de travailler à assurer «une plus grande diversité» au lieu «d’une plus grande concentration» de la presse.

«Radio-Canada est favorable à une aide gouvernementale, peu importe la forme, dans la mesure où elle respecte l’indépendance journaliste», a également indiqué M. Bissonnette.

Marché publicitaire

Pas question, toutefois, de céder une partie du marché publicitaire qui revient actuellement à Radio-Canada. Partout dans le monde, la plupart des diffuseurs, comme Télé-Québec, BBC et France télévision bénéficient actuellement de cet « équilibre » entre l’apport de fonds publics et les recettes publicitaires, a fait valoir M. Bissonnette.

En raison d’une condition imposée par le CRTC, il n’y a qu’à la radio que Radio-Canada ne peut diffuser de publicité, exception faite de l'autopromotion de ses différentes plateformes.

«Si on prend sur l’ensemble du pays, la part que Radio-Canada touche en revenus télévision c’est 8 %, et [...] en numérique, c’est 1 %, a relaté M. Bissonnette. Donc assurément, le problème n’est pas Radio-Canada [...] le problème c’est la présence que peuvent avoir les géants du web sur les plateformes numériques.»

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