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Forcée de trouver une école pour ses enfants en 36 heures

TVA Nouvelles

Lundi, après une fin de semaine de camping en famille, la mère de deux enfants a reçu une mauvaise nouvelle de la part du directeur de ce qui devait être leur école primaire. À 36 heures de la rentrée, il lui a annoncé qu’il n’y avait pas de place pour réunir les deux garçons dans son établissement, sans proposer de solution.

Pauline Ferrand a ainsi mené elle-même toutes les démarches afin de réunir ses enfants dans la même école et elle fait entendre son mécontentement envers la commission scolaire de Montréal (CSDM).

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«C’est quand même hallucinant une rentrée comme celle-ci!» 

Son aîné, qui entre en 4e année, devait déjà changer d’école et le plus jeune entre en maternelle. Ils ont été inscrits à l’école Saint-Marc, dans l’arrondissement Rosemont-La Petite-Patrie, en juin dernier après un déménagement. Tout semblait réglé, elle avait même reçu la liste des effets scolaires.

Au téléphone lundi, le directeur de cette école a dit à Mme Ferrand qu’il voulait lui parler «d’un sujet pas très agréable». Il n’y avait de la place que pour l’un des deux enfants.

«Le couperet tombe. Mon fils de 4e année n’a pas de place, a dit Pauline Ferrand, qui n’avait jamais été prévenue qu’un tel scénario pouvait se produire. 36 heures avant la rentrée, je dois trouver une solution par moi-même, car on n’a pas de solution à me proposer.»

 

Une tournée des écoles à vélo

Pauline Ferrand a ainsi fait le tour de toutes les écoles à proximité pour rencontrer les administrations en BIXI.

«Aucune école n’avait la possibilité de m’offrir deux places pour mes enfants, a-t-elle expliqué à TVA Nouvelles. Avec le papa, on s’est tourné vers notre ancienne école pour éviter encore un changement, une nouvelle prise de risques.»

La directrice de l’école de La Mennais, à trois kilomètres de l’autre établissement scolaire, a annoncé pouvoir accueillir les deux enfants. Toutefois, ceux-ci ne pouvaient rentrer mercredi matin, car le système de la CSDM de permettait pas le changement.

«Elle ne pouvait pas les accepter mercredi, car elle n’avait pas l’approbation de la CSDM pour libérer mes enfants, a dit Mme Ferrand. Ce qui me choque, c’est qu’on se renvoie la balle et que je suis un numéro. Malheureusement, je ne serai pas un bon numéro pour eux parce que mon combat ne s’arrêtera pas aujourd’hui.»

Pas de solution permanente

Pauline Ferrand ne lâchera pas tant qu’elle n’obtiendra pas une solution permanente.

«J’ai une solution pour 2019-2020, mais on pourrait vivre la même situation l’été prochain. Je n’ai aucune solution garantie, fiable et stable pour mes deux enfants dans la même école», a expliqué Mme Ferrand.

À la CSDM, on souligne que ce type de cas est moins fréquent que par le passé. La commission scolaire a toutefois expliqué qu'un enfant qui déménage près de l'école durant l'été peut avoir pour conséquence l'exclusion d'un élève, car la proximité géographique a priorité.

«L’enjeu cette année, c’est qu’il y a des classes qu’on n’a pas pu ouvrir. Il y a aussi des inscriptions tardives. Mercredi, toutes les directions faisaient des constats pour regarder les cas où des familles avaient des enfants dans deux écoles différentes pour voir si on pouvait accommoder les parents», a indiqué Catherine Harel-Bourdon, présidente de la CSDM, à TVA Nouvelles.

La mère de famille a ressenti un grand sentiment d’impuissance devant cette situation et dénonce le manque d’humanité et d’empathie pour ses enfants.

Pauline Ferrand, dans une lettre ouverte publiée sur Facebook, a néanmoins tenu à réaffirmer son attachement à l’école publique.