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La CSDM muette sur ses profs

Dominique Scali | Journal de Montréal

La plus grosse commission scolaire du Québec refusait de dire combien de classes du primaire n’avaient pas encore de professeur titulaire, mercredi, jour de la rentrée.

«Pour l’instant, nous laissons les gens des ressources humaines travailler», dit Alain Perron des relations de presse à la Commission scolaire de Montréal, qui fait face à une importante pénurie de personnel.

«Nous n’avons pas de chiffres à fournir. Les données changent chaque jour», explique-t-il.

D’autres commissions scolaires ont toutefois fourni leurs données, mercredi.

Dans la grande région de Montréal, des centaines d’élèves n’ont toujours pas d’enseignant titulaire, c’est-à-dire de personne attitrée pour leur enseigner pour l’année. Ils ont eu droit à des suppléants ou autres adultes remplaçants, mercredi, pour la rentrée scolaire.

À la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys, une vingtaine de postes d’enseignants au primaire étaient à pourvoir.

Plusieurs absences

À la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île, 12 postes sont à combler sur les quelque 1300 classes du primaire.

À la Commission scolaire de Laval, tous les titulaires avaient été trouvés la semaine dernière.

Mais la donne a changé depuis en raison de certains départs pour maladie ou congés de maternité.

«Il se peut donc qu’il n’y ait pas de titulaire devant la classe lors de la rentrée [qui a lieu aujourd’hui à Laval]. On s’en excuse d’avance», indique la présidente Louise Lortie.

Il est donc dur de croire que la CSDM n’a pas elle aussi un tel portrait de la situation, s’étonne Catherine Beauvais-St-Pierre, présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal (APPM).

«J’ai un peu de misère à croire que si tu es en train de faire du recrutement, tu n’es pas en train de compiler en même temps», résume-t-elle.

Épeurant

«Est-ce parce que c’est désastreux ? Qu’on ne puisse pas avoir ces chiffres, c’est un peu épeurant», dit Mme Beauvais-St-Pierre.

Mais pour Hélène Bourdages, présidente de l’Association montréalaise des directions d’établissement scolaire, il est normal que certains postes ne soient pas encore pourvus lors des premiers jours d’école, qu’il y ait pénurie ou pas.

«La situation se stabilise généralement au cours du mois de septembre», explique-t-elle.

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