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Les banques se préparent au pire

Pierre Couture | Journal de Québec

La plus grande banque du Canada, la Banque Royale, a déclaré un bénéfice net de 3,3 milliards de dollars au dernier trimestre.

archives, Agence QMI

La plus grande banque du Canada, la Banque Royale, a déclaré un bénéfice net de 3,3 milliards de dollars au dernier trimestre.

Alors que les probabilités d’une récession augmentent, les grandes banques canadiennes se préparent au pire en augmentant leurs provisions sur les prêts à risque et les mauvaises créances à venir.

Au cours des derniers jours, la Banque TD, la Banque Royale, la CIBC et la Banque Nationale ont décidé de mettre davantage d’argent de côté en prévision de jours moins glorieux. Les hausses de provisions varient entre 13 % et 23 % au dernier trimestre.

« C’est un indice que l’économie pourrait se détériorer », indique le professeur spécialiste du secteur bancaire à HEC Montréal, Jean Roy.

Selon ce dernier, l’augmentation des provisions pour de mauvais prêts à venir témoigne d’un « comportement prudent » des institutions financières.

Alors que les grandes banques n’ont jamais autant brassé d’argent et de profits (records), elles entrevoient toutefois d’importantes turbulences à l’horizon.

Lors de la dernière récession de 2008-2009, les entreprises canadiennes avaient procédé à d’importantes compressions et licenciements.

Au Québec, le taux de chômage était passé durant cette période de 7 à 9 % en moins de quelques mois.

La récession s’en vient

De nombreux économistes s’entendent pour dire qu’un important ralentissement de l’économie nord-américaine pointe à l’horizon.

Sur les 226 économistes interrogés récemment par la National Association for Business Economists (NABE), 38 % prévoient une récession en 2020 aux États-Unis, 34 % en 2021 et 14 % plus tard.

Une récession survient lorsque le produit intérieur brut (PIB) d’un pays est négatif pendant deux trimestres consécutifs.

« On assiste actuellement à un ralentissement économique mondial. On observe depuis 9 mois une contraction du commerce mondial », signale l’économiste du Groupe IA financier, Clément Gignac.

Ce dernier vient d’ailleurs de réviser à 35 % les chances de voir une récession survenir aux États-Unis d’ici 12 mois.

Certaines grandes banques centrales comme celles de la France et du Japon offrent même des taux d’intérêt négatifs aux investisseurs sur des placements obligataires de 10 ans.

M. Gignac invite d’ailleurs les investisseurs à prendre une partie de leurs profits en Bourse tout en misant sur des placements diversifiés au cours des prochains trimestres. Depuis le début du mois d’août, les ventes de titres boursiers détenus par des initiés ont poursuivi leur progression, dépassant les 10 milliards $ US.

Chemin faisant, les ventes d’immeubles à bureaux détenus par des investisseurs étrangers ont dépassé les achats au cours des six premiers mois de 2019. Du jamais-vu depuis 7 ans.

Des provisions en hausse pour les prêts à risque

Banque Royale | +23 %

CIBC | +21 %

Banque TD | +17 %

Banque Nationale | +13 %

Sources : rapports trimestriels 2019