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Les libéraux montrent la porte à l'ex-imam Hassan Guillet

Agence QMI

Daniel Mallard/Agence QMI

L’ex-imam Hassan Guillet, candidat vedette des libéraux dans une circonscription montréalaise, s’est vu montrer la porte vendredi pour des propos jugés antisémites.

«Les commentaires désobligeants que Hassan Guillet a faits ne concordent pas avec les valeurs du Parti libéral du Canada», a fait valoir la formation politique dans une déclaration transmise par courriel en fin d'après-midi.

On a ainsi annoncé que la candidature de M. Guillet dans Saint-Léonard- Saint-Michel était retirée. Il avait remporté l’investiture dans cette circonscription à la fin du mois de mai dernier.

«Justin Trudeau et l’équipe libérale s’opposent fermement aux propos antisémites, haineux, racistes, islamophobes, homophobes, sexistes et à toute forme de discrimination, a poursuivi la direction du PLC. Le Parti libéral condamne toute forme de discrimination, et nous nous attendons toujours à ce que nos candidats fassent de même.»

M. Guillet s’est fait connaître par un discours rassembleur qu’il a prononcé au lendemain de la tuerie à la grande mosquée de Québec.

L’organisation juive B'nai Brith Canada s’est toutefois plainte au PLC récemment de propos antisémites que l’ex-imam aurait tenus à plusieurs reprises dans les dernières années sur les médias sociaux et lors d’entrevues accordées à des médias traditionnels.

B’Nai Brith l’a notamment accusé d’avoir, en janvier 2017, «célébré la libération de Raed Salah, un militant du Hamas accusant les Juifs d'avoir organisé les attentats terroristes du 11 septembre [...]».

«Guillet a également déclaré sur Facebook que "les sionistes contrôlent la politique américaine", promouvant ainsi le stéréotype des Juifs qui manipulent les gouvernements mondiaux», a déploré B’Nai Brith dans un communiqué daté de vendredi.

M. Guillet s’est excusé si ses propos ont pu offenser des gens, dans une publication Facebook, vendredi. «Mon intention n’était pas d'offenser qui que ce soit. Le manque de sensibilité de ces déclarations ne reflète pas ma personnalité ni ma façon d'être», a-t-il plaidé.

«Depuis j'ai évolué, a-t-il assuré. Tous ceux qui me connaissent, personnellement ou par mes œuvres, savent que je suis contre la haine, le racisme, l'antisémitisme et la violence indépendamment de l'identité des auteurs ou des victimes.»

Dans son message sur Facebook, M. Guillet est aussi revenu sur le discours qui l’a fait connaître.

«Comme je l'ai dit dans mon discours à Québec le 3 février 2017, devant une audience de 6000 personnes incluant notre premier ministre, les veuves et les orphelins de la tuerie de la mosquée: il faut que l'après 29 janvier 2017 [NDLR: date de la tuerie de la mosquée de Québec] soit différent de l'avant 29 janvier 2017. Effectivement à partir de cette date je me suis engagé moi-même comme militant contre la haine et la violence et en missionnaire de paix et de collaboration inter-culturelle et inter-confessionnelle. On peut vérifier tous mes écrits, mes interventions médiatiques ainsi que mes publications sur les médias sociaux pour voir la mission que je mène.»

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