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«Chaque émission est faite sur mesure pour l'invité» - Maripier Morin

Béatrice Gravel | Agence QMI

 - Agence QMI

Gracieuseté

On en sait enfin davantage sur le fameux projet de Maripier Morin, «Studio G», présenté les dimanches soir à TVA, puisque l'animatrice a accepté de nous en divulguer des bribes.

«Lorsqu’on a commencé à conceptualiser l’émission avec l’équipe de Fair-Play, c’était clair pour moi que je voulais un ¨party¨ de cuisine autour d’un îlot, confie l’animatrice. Je souhaitais recréer le genre de soirée où tout le monde raconte des anecdotes, et qui s’étire. Il y a de la bouffe, des ¨drinks¨, des amis, des collègues de travail et de la famille. C’est convivial. On va célébrer un invité avec, au passage, une, deux ou trois claques sur la gueule! (rires) Parce qu’un souper entre amis sans que deux personnes se liguent pour raconter une histoire humiliante sur quelqu’un, est-ce vraiment un bon souper? (rires)»

N’ayez crainte, tout se fait avec beaucoup d’amour, selon Maripier. «On va en quelque sorte ¨roaster¨ la personne (lui faire un bien-cuit), mais à travers tout ça on va découvrir l’invité d’une façon différente, d’une manière attachante. Ce n’est pas obligatoire de faire pleurer les téléspectateurs; on peut aussi montrer les côtés les plus vulnérables de quelqu’un en passant par l’humour.»

Un concept unique

Il n’y aurait également aucune similitude avec les talk-shows déjà proposés sur nos écrans, assure-t-elle. «J’ai été impliquée dans chaque étape du concept. J’ai travaillé de très près avec Julie Lamontagne, conceptrice chez Fair-Play, et si un élément ressemblait, par exemple, à ¨1res fois¨, ¨En direct de l’univers¨ ou ¨Prière de ne pas envoyer de fleurs¨, on tentait de proposer quelque chose de différent. On veut réussir à amalgamer des artistes et des personnes non connues tout en permettant aux téléspectateurs de sentir qu’ils sont en studio avec nous. Il n’y a rien de plus désagréable que de voir une gang d’artistes s’amuser entre eux en oubliant le téléspectateur, qui se sent alors exclu.»

Maripier ne peut dévoiler l’identité de ses invités pour l’instant. Elle accepte néanmoins de nous titiller un brin. «Imaginez que vous organisez le party de fête de votre meilleur ami. Si votre ami aime les dirty martinis, il va y en avoir, évidemment! Songez à lui et à tout ce qui pourrait lui plaire: la musique, la déco, les invités... tous les détails comptent. Chaque émission est ainsi faite sur mesure pour l’invité. J’ai un script au départ, mais je laisse ensuite aller les choses, je passe la ¨puck¨ et je regarde le bordel prendre... et c’est ça que je veux! Les invités doivent se sentir dans leur cuisine autour d’un îlot en train s’amuser. Ça va prendre un verre de vin dans ce show-là!»

Tout un parcours

Maripier fait partie de la génération MusiquePlus. «À l’époque, je me filmais chez moi avec la grosse caméra de mes parents. J’imitais Véronique Cloutier, Abeille Gélinas, Anne-Marie Withenshaw... J’étais obsédée par toute la gang de MusiquePlus!»

Elle en a fait du chemin depuis. Chroniqueuse, animatrice, actrice, visage de marque et icône de mode, Maripier s’est imposée dans le milieu culturel québécois. Elle est aujourd’hui l’une des personnalités les plus en vue de sa génération: «J’en suis à ma troisième animation à TVA, après ¨Faites comme chez vous¨ et ¨Le mur¨. Aujourd’hui, j’arrive avec un concept original, le dimanche soir, à heure de grande écoute. C’est un gros défi et c’est beaucoup de pression, mais je suis extrêmement bien entourée. Je suis prête!»

Les dimanches soir télévisuels sont évocateurs pour Maripier: «J’ai toujours regardé la télévision en famille les dimanches soir: c’est un moment où l’on se rassemble. Au départ, l’émission devait être présentée les jeudis soir, pour faire décoller la soirée, pour ceux qui boivent un verre avant de sortir, par exemple. Mais si un show est bon, on a du plaisir à le regarder, peu importe le jour. On va peut-être être plus malcommodes le lundi par contre! (rires)»

À son image

Avec «Studio G», Maripier voulait une émission proche de sa personnalité. «On est dans la spontanéité et le plaisir, avec un côté un peu irrévérencieux. Les gens vont se reconnaître dans les défauts des invités et le regard de leurs proches. On vivra tous des moments très intimes.»

«Studio G» est réalisé par Jean Lamoureux. «Je rêvais de travailler avec lui depuis le début de ma carrière. Je n’y croyais pas lorsqu’on m’a annoncé qu’il serait le réalisateur. Il a fait de gros shows, il a travaillé avec Céline. C’est un monstre sacré dans notre industrie. Son apport est tellement payant et intéressant. Je capote!»

Les expériences stressantes, Maripier en a vécu d’autres. «Il n’y a rien de comparable à la Soirée Artis: la journée même, tu crois mourir, confie celle qui a animé cette soirée deux années consécutives (en 2018 et en 2019) avec Jean-Philippe Dion. Avec Studio G, il y a plusieurs épisodes; on réalise une sorte de marathon. On peut apprendre au fil des soirées. Avec la Soirée Artis, si on se plante, on ne peut pas se reprendre. C’est aussi ça la beauté de la chose: on décide de se mettre sur la corde raide tout en s’amusant là-dedans. Mais c’est cinq mois de travail pour une soirée.»

Nouveaux défis

Une seule chose semble rendre l’animatrice un peu nerveuse. «¨Studio G¨, c’est tout de même un énorme plateau où se côtoient des personnes expérimentées avec des gens qui ne le sont pas. Ça peut être stressant. Je vais devoir jongler avec des artistes qui peuvent avoir tendance à prendre toute la place et des personnes qui ne font pas de télé. Je devrai les aider à prendre leur place tout en gardant une mainmise sur le plateau. Je suis comme le capitaine du bateau et je veux mener tout le monde à bon port. C’est le fun quand il y a des moments de folie, mais je dois garder le cap!»

Pour l’instant, seule l’émission pilote a été tournée. «Les tournages commencent le 5 septembre. Je pars le 20 août à Angoulême, puisque je fais partie du jury du festival. Dès mon retour, on enchaîne les productions: ça va aller vite, mais on est prêts!»

Maripier Morin fait partie du jury du 12e Festival du film francophone d’Angoulême en France, qui se déroule du 20 au 25 août.

«Studio G» sera diffusée le dimanche à 20h45, à compter du 22 septembre, sur TVA.