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Les États-Unis et les talibans sur le point de conclure un accord en Afghanistan

Agence France-Presse

Les États-Unis et les talibans sont «sur le point de conclure un accord» après 18 ans de conflit en Afghanistan, a affirmé dimanche l'émissaire américain Zalmay Khalilzad après une séance de pourparlers à Doha.

«Nous sommes sur le point de conclure un accord qui réduira la violence et ouvrira la voie aux Afghans pour s'asseoir ensemble pour négocier une paix honorable et durable», a tweeté M. Khalilzad.

Celui-ci s'exprimait au terme du huitième et dernier jour du 9e cycle de négociations au Qatar entre les représentants des États-Unis et des talibans. Il a précisé qu'il se rendrait plus tard dimanche à Kaboul «pour des consultations».

Le négociateur américain n'a pas dit s'il était en possession d'un texte finalisé à présenter aux autorités afghanes. Plusieurs responsables avaient laissé entendre ces derniers jours qu'un déplacement à Kaboul pourrait être le signal d'une issue positive, mais que l'éventuelle l'annonce d'un accord n'interviendrait qu'une fois que le gouvernement afghan et les principaux partenaires auraient été informés et après le feu vert du président américain Donald Trump.

«Malgré les spéculations, nous n'avons pas encore d'annonce à faire», a dit à l'AFP un porte-parole du département d'État américain à Washington après les tweets de Zalmay Khalilzad, précisant que ce dernier s'entretiendrait à Kaboul avec un grand nombre d'Afghans, à commencer par les dirigeants gouvernementaux.

Le porte-parole des talibans à Doha, Suhail Shaheen, avait affirmé de son côté samedi que l'accord était «presque finalisé».

Un tel accord «devra permettre le retrait des forces américaines et assurer la sécurité du territoire américain», «pas sur la base d'une confiance aveugle», mais «d'engagements clairs qui feront l'objet d'une vérification», a insisté le porte-parole du département d'État.

«Si et quand nous serons en mesure d'annoncer un accord, le processus laissera la place aux négociations interafghanes, où les talibans s'assiéront avec les autres Afghans pour s'engager ensemble en faveur d'un cessez-le-feu permanent et global», a-t-il ajouté.

Quelque 13 000 soldats américains sont actuellement encore déployés en Afghanistan où les États-Unis sont intervenus en 2001 pour traquer le réseau jihadiste Al-Qaïda, responsable des attentats du 11-Septembre, et déloger les talibans alors au pouvoir à Kaboul. Les effectifs américains ont atteint jusqu'à 98 000 hommes en 2011.

Désireux de mettre un terme aux «guerres sans fin» et de «ramener les gars à la maison», Donald Trump avait autorisé il y a un an ces pourparlers directs inédits avec les talibans.

Le président des États-Unis a annoncé jeudi qu'en cas d'accord, 8600 soldats américains resteraient dans un premier temps en Afghanistan. Mais il pourrait ne s'agir que d'une première étape et l'accord pourrait prévoir un calendrier pour un retrait bien plus conséquent, même si Donald Trump a promis de maintenir une «présence» non détaillée.

Ce retrait, principale revendication des talibans qui le veulent total, se ferait en échange de l'engagement des insurgés que les territoires qu'ils contrôlent ne soient plus utilisés par Al-Qaïda ou d'autres groupes «terroristes».

Un tel accord aiderait à créer «un Afghanistan souverain et unifié qui ne menacera pas les États-Unis, ses alliés ou tout autre pays», a ajouté M. Khalilzad dans son tweet dimanche.

Le 9e cycle de pourparlers à Doha a pris fin alors que les talibans ont lancé samedi une offensive sur la ville stratégique de Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan.

Cette offensive démontre que les talibans «ne croient pas à l'opportunité de paix portée par les États-Unis et le gouvernement afghan», a accusé sur Twitter Sediq Sediqqi, le porte-parole du président Ashraf Ghani, dont le gouvernement a été tenu à l'écart par Washington dans ses négociations directes avec les insurgés.

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