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Un chauffeur de taxi change de métier devant une «cause perdue»

TVA Nouvelles

Après une vingtaine d’années à transporter des clients à bord de son taxi, Ralph El-Haddad a pris la décision de rendre les armes dans le combat qui oppose les chauffeurs au gouvernement et de carrément réorienter sa carrière.

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Celui qui a été l’une des figures de la contestation des chauffeurs de taxi dans les rues de Montréal au printemps dernier a délaissé l’industrie du taxi pour ouvrir un concessionnaire d’automobiles usagés en compagnie d'un partenaire d’affaires. Une décision que Ralph El-Haddad ne regrette pas une seconde.

«Je voyais que le ministre, malgré toute la pression qu’on essayait de faire, ne voulait reculer devant rien. Je me suis dit, avant qu’il soit trop tard, je suis capable de me virer de bord et de faire quelque chose de ma vie», explique l’ex-chauffeur de taxi.

Auto Target est ouvert depuis environ un mois à Laval et compte plus d’une vingtaine de véhicules usagés à vendre. S’il a tourné la page sur cette partie de sa vie, M. El-Haddad continue de suivre le combat de ses anciens collègues, dont font partie son père et des amis.

«Je suis jeune, je suis capable de me virer de bord, mais les personnes de 60, 70 ans, elles ont tout perdu. [...] C’est l’investissement d’une vie qu’ils viennent de perdre», déplore-t-il.

Problèmes de santé

Ralph El-Haddad ne s’en cache pas, le combat – perdu d’avance selon lui – contre le projet de loi 17 sur la dérèglementation de l’industrie du taxi a miné sa santé physique et mentale.

«Je suis tombé dans une petite dépression, je suis entré à l’hôpital et mon médecin m’a prescrit des médicaments. Je voyais que j’étais en train de tout perdre et j’étais même en train de perdre mon cerveau là-dedans. Ça ne pouvait pas continuer comme ça», explique-t-il.

Ce sont ces ennuis de santé qui l’ont poussé à tout abandonner pour se tourner vers une nouvelle carrière. Aujourd’hui, le père de famille estime avoir pris la bonne décision.

«C’est inhumain ce qui se passe aujourd’hui pour les chauffeurs de taxi, dénonce-t-il. Ça fait des années qu’ils respectent les lois. [...] Personnellement, je vois que c’est une cause perdue, mais j’espère que je me trompe.»

D’autres chauffeurs pourraient suivre la trace de M. El-Haddad, mais repartir à zéro n’est pas pour tout le monde.

«Ils n’ont pas tous la même chance que moi j’ai eue, note-t-il. C’est très difficile de changer de cap, surtout quand tu as un gros investissement et de grosses dettes envers la banque pour ton permis [de taxi].»

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