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En Floride, à l'approche de Dorian, chacun évacue à son rythme

Agence France-Presse

Les premiers vents de l'ouragan Dorian commencent à se faire sentir en Floride et Michael James finit de calfeutrer les fenêtres de sa maison. Presque tout le monde est parti de la région côtière où il vit, mais lui dit avoir encore quelques heures avant d'évacuer.

«Devinez quoi», lance-t-il. «Un ouragan, en vrai, est très différent de ce que les gens voient à la télé. C'est bien pire».

À 63 ans, Michael James dit pourtant en avoir vu d'autres: quand il a travaillé sur des plateformes pétrolières dans le golfe du Mexique dans les années 1980, il a été piégé par deux ouragans.

À la télévision, «on ne réalise pas ce qu'est vraiment (un ouragan), on ne se rend pas compte de la vitesse», assure-t-il.

 

L'ouragan Dorian, qui se déchaîne sur les Bahamas depuis dimanche, a été rétrogradé lundi de la catégorie 5 (la plus élevée) à la catégorie 4, mais reste extrêmement dangereux. Il doit se diriger ensuite vers la côte de Floride.

À Port Sainte Lucie, ville côtière qui pourrait se retrouver tout près de la tempête dans la nuit de mardi à mercredi, les résidents qui n'étaient pas encore partis suivaient les informations avec inquiétude, priant pour que l'ouragan ne touche pas terre chez eux.

De nombreux commerces ont déjà fermé et les abris ont commencé à se remplir, sous un ciel de plus en plus sombre.

Sur les bords du fleuve Indian, les parcs de maisons mobiles étaient déserts, et leurs fragiles structures étaient maladroitement protégées.

Certains gardaient toutefois leur humour, disant savoir à quoi s'attendre.

Un conseil pour ceux qui n'ont jamais vécu un ouragan?

Stacey Ewers, 56 ans, éclate de rire. «Essayez d'apprécier l'expérience!» lance-t-elle. «Ce qui est difficile, c'est le nettoyage, pas la tempête».

Cela fait 35 ans qu'elle vit en Floride, et elle dit avoir perdu le compte des ouragans qui sont passés par ici.

«Je suis un peu nerveuse, mais ça va», dit-elle.

Tout le long de la côte est de Floride se trouvent des îlots dont les habitants ont reçu l'ordre d'évacuer immédiatement. La police a commencé les procédures pour fermer les ponts y menant.

Quelques personnes ont attendu la dernière minute pour partir, dans l'espoir d'avoir une vue privilégiée sur une mer déchaînée.

Lundi, une brume assombrissait l'horizon et la pluie tombait par intermittence.

«C'est très beau. Je ne sais pas si (l'ouragan) vient ou pas, mais je profite» du paysage, dit Jed Guty, un Colombien qui ne veut pas dire son âge au motif, plaisante-t-il, qu'il est «très vieux».

«J'en ai connu beaucoup, mais je n'étais jamais venu à la plage (juste avant un ouragan). Le sable, le vent... C'est magnifique».