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L’employeur peut faciliter la conciliation travail-famille

Sébastien Parent | Journal de Montréal

Group Of Medical Staff Meeting Around Table In Hospital

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Avec la rentrée scolaire, parvenir à coordonner les horaires de travail, les heures de classe des enfants et les périodes de loisirs, en plus du temps consacré aux déplacements, devient un véritable tour de force.

Dans quelle mesure l’employeur est-il tenu de faciliter la conciliation travail-famille ?

Horaire conjoint

Avoir le même horaire de travail que son conjoint peut grandement faciliter l’organisation de la vie familiale. C’est ce qu’avait dernièrement demandé une policière à son patron, dans le but de faire coïncider ses congés avec ceux de son amoureuse travaillant chez un autre employeur.

En raison de diverses contraintes influençant la confection des horaires, l’employeur a dû refuser sa demande. D’ailleurs, la convention collective ne comportait aucune disposition encadrant ce genre de situation.

En l’absence de limites claires à son droit de direction, l’employeur demeurait donc libre de gérer son entreprise comme il l’entend, malgré les répercussions que sa décision a pu avoir sur la vie de couple de la travailleuse. De l’avis de l’arbitre de grief, le fait d’établir les horaires de travail en tenant compte des besoins du service n’équivaut pas à un exercice déraisonnable ou de mauvaise foi du droit de direction de l’employeur.

Congés pour obligations parentales

Par ailleurs, la Loi sur les normes du travail accorde certains droits aux parents. Entre autres, un salarié pourra s’absenter de son travail jusqu’à un maximum de 10 jours par année afin de remplir ses obligations reliées à la garde, à la santé ou à l’éducation de son enfant. Cela fonctionne aussi s’il s’agit des enfants de son conjoint.

Bonne nouvelle pour les salariés comptant au moins trois mois de service continus chez leur employeur ! Depuis janvier, l’employeur doit désormais rémunérer les deux premières journées d’absence. Les autres jours continueront néanmoins d’être pris aux frais du salarié.

Pour profiter de ces congés, le salarié doit aviser son employeur le plus tôt possible et lui fournir les raisons justifiant son absence. Par exemple, le fait que sa présence soit requise à une réunion de parents à l’école serait un motif lié à l’éducation, tandis que son désir d’assister à un tournoi sportif auquel participe son enfant ne le serait pas. Dans certaines circonstances, l’employeur pourra même exiger que le salarié lui remette un document justificatif.

De plus, le salarié doit avoir pris les moyens raisonnables à sa disposition pour éviter de prendre congé ou d’en prolonger inutilement la durée. Autrement dit, la loi lui impose d’examiner diverses solutions de rechange pour assumer ses obligations parentales sans avoir à s’absenter. Ainsi, lorsqu’un parent doit assurer la garde de son enfant, il devra préalablement avoir sollicité l’aide d’un proche, d’une gardienne ou d’un service de garde.

Conseils

-Beaucoup d’entreprises adoptent volontairement des politiques facilitant la conciliation travail-famille, notamment les horaires flexibles, le télétravail, etc. Renseignez-vous sur les options offertes par votre employeur.

-Le salarié peut refuser d’effectuer des heures supplémentaires lorsque sa présence est nécessaire pour la garde, l’éducation ou la santé de son enfant, ou celle de son conjoint.

-Pour que le refus soit valide, il devra cependant avoir pris les mesures raisonnables à sa disposition pour assumer autrement ses obligations parentales.