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L’industrie du taxi redoute l’adoption prochaine de la loi 17

Dominique Lelièvre

 - Journal de Quebec

Rassemblement contre le PL17

Dominique Lelièvre

Les chauffeurs de taxi du Québec craignent qu’il soit «minuit moins une» dans leur lutte contre le projet de loi 17 et n’excluent pas de recourir à des moyens de pression plus musclés pour se faire entendre.

L’industrie redoute une adoption précipitée du projet de loi qui réforme le transport rémunéré de personnes puisque le projet pilote qui permet à Uber d’opérer dans la province vient à échéance le 14 octobre prochain.

L’étude détaillée de la pièce législative prend du temps, ce qui fait dire aux chauffeurs que «tout ce qui reste [au ministre des Transports], c’est le bâillon», selon un porte-parole des chauffeurs, Serge Lebreux. «Sinon, le 14, à minuit, Uber ne peut plus opérer», avance-t-il.

Dernière chance

«Il est minuit moins une. On est dans nos dernières chances pour faire, peut-être, changer un petit peu d’idée le ministre, est aussi convaincu Jean Laîné, qui conduit un taxi depuis 31 ans à Québec. C’est un projet de loi qui n’a aucun bon sens. Il faut absolument que le ministre s’en rende compte.»

L’été ne semble pas avoir apaisé les chauffeurs qui continuent de réclamer le maintien du régime de permis de taxi ou à tout le moins le rachat de ces derniers à leur valeur marchande en 2014, qu’ils évaluent à 1,4 milliard $. Le gouvernement leur a plutôt offert 814 millions $ en indemnités diverses jusqu’à présent.

«On s’en va vers une grève [générale]. On n’aura pas le choix. Les gens sont prêts à sortir», soutient Serge Lebreux. Ainsi, des perturbations de plus grande importance comme celles vécues en mars et en avril ne sont pas à exclure durant les prochaines semaines, dit-il.

Le service de transport adapté pourrait aussi écoper d’une grève, mais en dernier recours seulement, ont indiqué les porte-paroles de l’industrie.

Pourtant, à Québec, seulement une trentaine de chauffeurs de taxi se sont rassemblés devant l’Assemblée nationale, jeudi matin, où ils étaient conviés pour dénoncer le projet de loi.

L’industrie tient depuis lundi des journées de grève rotative, touchant chaque jour, à divers degrés, une dizaine de municipalités à travers le Québec.

«Dialogue de sourds»

«Ce n’était pas une démonstration de force, cette semaine. C’est juste un signal que l’on voulait envoyer au ministre, comme quoi les troupes sont prêtes», a affirmé Serge Lebreux.

Le projet de loi 17 prévoit l’abolition du système de quotas qui protégeait l’industrie du taxi traditionnel et ouvre grand la porte aux entreprises numériques comme Uber.

L’industrie accuse le gouvernement d’entretenir un «dialogue de sourds».

«On transporte des humains, on fait des lois pour les humains, mais actuellement, ce projet de loi là, sur le fond, il est inhumain, et dans la forme que lui donne le ministre actuellement, il est inhumain, parce qu’il n’écoute pas la partie adverse», accuse M. Lebreux.

Le cabinet du ministre des Transports, François Bonnardel, n’a pas offert de commentaire jusqu’à présent sur ces propos.

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