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Un producteur de fentanyl mis hors d’état de nuire

Valérie Gonthier | Le Journal de Montréal

Un apprenti chimiste équipé pour produire des millions de comprimés de fentanyl vient d’écoper de 5 ans et demi de détention.

En décembre 2016, les autorités ont démantelé le premier laboratoire clandestin d’encapsulage de fentanyl au Québec.

Maxime Schrauwen, qu’on soupçonnait d’être le responsable de la production de cette substance à l’origine de milliers de décès au Canada et aux États-Unis, s’était fait passer les menottes peu après.

Maxime Schrauwen

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Il a plaidé coupable hier au palais de justice de Longueuil à des accusations de possession et de production de fentanyl, de la famille des opioïdes, comme l’héroïne.

Schrauwen et ses complices, Pierre-Luc Paradis et Simon Berthold, ont été coincés dans le cadre de l’opération policière Oléum, menée par la Sûreté du Québec.

À l’époque, l’enquête visait à freiner un réseau de production et distribution de Xanax, un calmant.

Les policiers l’ignoraient à ce moment, mais cette enquête allait leur permettre d’éviter qu’une quantité astronomique de fentanyl se retrouve dans la rue.

Les nombreux déplacements de Schrauwen, épié par les policiers, les avaient menés à une résidence de Potton, en Estrie. Les policiers ont alors effectué une entrée à l’insu des suspects, afin d’installer des caméras de surveillance à l’intérieur. Ils espéraient coincer les têtes dirigeantes du réseau.

Fentanyl 2

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Urgence de sortir

Mais en pénétrant à l’intérieur, un policier a aperçu un petit contenant sur lequel il était écrit «Fent». Les limiers ont immédiatement déguerpi.

«Tout le monde a dû sortir de là, parce que le fentanyl est très volatil. Ça peut être mortel même au contact de la peau», avait raconté en cour la sergente Isabelle Brunette, au printemps 2017.

Et plutôt que de poursuivre la surveillance du laboratoire, les policiers ont choisi d’intervenir sur-le-champ, sacrifiant ainsi une enquête d’envergure. En effet, vu la forte toxicité de ce produit, il fallait à tout prix éviter que des comprimés de fentanyl se retrouvent en vente sur la rue.

«Il faut souligner que le projet Oléum est une enquête qui s’est terminée de manière prématurée pour une raison de santé publique. Il s’agit d’une drogue excessivement nocive», a insisté hier le procureur de la Couronne au dossier, Me Simon Lacoste, lors du plaidoyer de culpabilité de Schrauwen.

Laboratoire sophistiqué

Dans le laboratoire sophistiqué, les policiers avaient saisi plus de 3 kilogrammes de poudre de furanyl-fentanyl, des presses à comprimés, un mélangeur industriel, une balance électronique, sept combinaisons de protection neuves, un masque respiratoire à cartouche et neuf pages de recettes.

Il y avait là tout le matériel nécessaire pour produire des millions de comprimés, avait expliqué au tribunal en 2017 un spécialiste des drogues et du crime organisé de la Gendarmerie royale du Canada.

La juge Johanne St-Gelais, de la Cour supérieure, a entériné la suggestion commune des parties, en condamnant Schrauwen à une peine de cinq ans et demi de prison. Détenu depuis son arrestation, il lui reste un peu moins de 23 mois à purger.

Pierre-Luc Paradis, considéré comme l’homme de main de Schrauwen, a pour sa part écopé de quatre ans et demi de détention, alors que Simon Berthold, celui qui s’occupait de nettoyer le laboratoire, a été condamné à deux ans et demi derrière les barreaux.

Une drogue meurtrière

- 40 fois plus puissante que l’héroïne

- 100 fois plus puissante que la morphine

- Le fentanyl se vend sur ordonnance pour soulager la douleur

- Peut causer des détresses respiratoires

- Quelques milligrammes peuvent être mortels

- Utilisé de façon illicite pour couper de la drogue

- Importé illégalement d’Asie

- Trafic contrôlé par le crime organisé

- A causé des dizaines de milliers de décès au Canada et aux États-Unis dans les dernières années

Source: Santé canada et Institut national de santé publique du Québec

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