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Parler vite ne permettrait pas d'en dire plus

Agence QMI

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Les langages ayant recours à un débit rapide, comme le japonais ou l'espagnol, ne permettraient pas pour autant aux locuteurs de communiquer plus d'informations à la seconde, démontre une étude qui s'est penchée sur 17 langues.

En effet, l'étude menée par des chercheurs français de l'université de Lyon démontre que les langues aux débits rapides ont tendance à permettre une transmission moins élevée d'information par syllabe. Au contraire, celles avec un débit plus lent, comme le vietnamien et le thaï, permettent toutefois de partager plus d'information par syllabe.

Pour parvenir à ce constat, les chercheurs ont demandé à 170 cobayes – 10 par langue étudiée – de lire à une vitesse normale des textes sémantiquement similaires dont ils avaient préalablement pris connaissance, afin d'éviter les erreurs de lecture.

Les scientifiques ont alors réalisé, en décortiquant les enregistrements des cobayes, que la vitesse de lecture variait pratiquement du simple au double, allant de 4,3 à 91 syllabes par seconde.

Par contre, la quantité d'informations transmises par syllabe allait de 4,8 bits par syllabe pour le basque à 8 bits par syllabe pour le vietnamien.

En comparant le débit moyen d'une langue avec la quantité d'information livrée par syllabe, les chercheurs sont cependant parvenus à la conclusion que le débit moyen est de 39,15 bits d'information par seconde.

Les chercheurs se sont intéressés à 17 langues européennes et asiatiques, soit l'allemand, l'anglais, le basque, le cantonais, le catalan, le coréen, l'espagnol, le finnois, le français, le hongrois, l'italien, le japonais, le mandarin, le serbe, le thaï, le turc et le vietnamien.

L'étude a été publiée dans la revue «Science Advances» mercredi dernier.